Alejandro Valverde, le prodige de Murcie

A la Caisse d'Epargne, Valverde a gagné son seul Grand Tour, la Vuelta

Le Tour Down Under commence le 17 janvier et la grande attraction de cette course sera Valverde, de retour après deux ans de suspension. C’est donc le moment idéal pour notre premier article « rétro » où nous retraçons son histoire depuis ses débuts, jusqu’à une suspension qui fait débat, encore aujourd’hui.

Une ascension jusqu’à être l’un des meilleurs du monde

Après son titre de champion d’Espagne espoir, il devient professionnel en 2002 chez Kelme, mais il fut très discret lors cette première saison, surtout à cause de quelques blessures. Cependant en 2003, il explose ! L’espagnol décide de rouler exclusivement dans son pays natal et gagne à neuf reprises. Toutefois c’est plutôt en fin de saison qu’il impressionne le peloton, sur la Vuelta. Sa polyvalence impressionne ses adversaires et les chiffres le montrent. Vainqueur de deux étapes, troisième du classement général, deuxième du classement point, vainqueur du combiné, Valverde joue sur tous les tableaux et il fait le jazzer, faisant presque oublier la bataille infernale pour le maillot or entre Roberto Heras et Izidro Nozal. Valverde bouscule même la hiérarchie de l’équipe, qui roulait au départ pour Oscar Sevilla. L’espagnol alors âgé de 23 ans gagne l’étape reine sur les routes de la Sierra Pandera, avec notamment un passage à 25 % !

Sélectionné pour les championnats du monde à Hamilton au Canada, il ne déçoit pas ! Il amène son coéquipier Igor Astarloa au titre de champion du monde et termine à une superbe deuxième place, devant Van Petegem, l’ogre des flandriennes. Grâce à ses deux grosses performances à quelques jours d’intervalle, il devient un cycliste connu de tous les amateurs de cyclisme.

Après cette grosse fin de saison, il devient le leader de l’équipe en 2004. Valverde roule encore exclusivement en Espagne, un peu sous la contrainte, puisque son équipe n’est que rarement invitée or de la péninsule ibérique. Valverde remporter 15 bouquets donc une étape de la Vuelta, encore une fois. Sur son tour national, il termine quatrième. Si l’on s’attendait à mieux avec ses performances de l’année passé, sa chute durant l’épreuve lui a évidemment fait du tort. Logiquement appelé pour les championnats du monde à Vérone par la suite, il fait office de poisson pilote pour Oscar Freire dans les derniers hectomètres. Le sprinteur maison égale le record de trois victoires aux championnats du monde et Valverde prouve qu’il est dévoué à l’équipe après avoir emmené à la victoire Astarloa un an plus tôt.

En 2005, il quitte la Kelme pour rejoindre l’équipe des Iles Baléares où il va enfin pouvoir se montrer partout en Europe, et avec succès. Pour son début de saison, il termine deuxième de Paris-Nice avec une victoire d’étape en prime. Au mois de Juillet, il s’attèle à un gros morceau qui lui est encore inconnu, le Tour de France. Beaucoup sont alors sceptiques, Valverde va les faire taire. Lors de la 10e étape entre Grenoble-Courchevel, l’exploit de l’espagnol fait grand bruit. A une dizaine de kilomètre de l’arrivée, Armstrong attaque et seulement trois coureurs peuvent le suivre : Mance, Rasmussen et Valverde. Ullrich et Basso qu’on attendait sur le podium final sont lâchés alors qu’Alejandro accélère à quelques mètres de l’arrivée et gagne cette étape devant  Lance Armstrong. Le « boss » est impressionné et les journaux aussi. Les comparaisons les plus farfelus sont énoncées. Malheureusement l’histoire se termine là, « El Imbatito » doit abandonner trois étapes plus tard, à cause d’une blessure au genou, alors qu’il portait le maillot blanc.

Quelques semaines plus tard, il ne participe pas à la Vuelta pour se concentrer exclusivement au championnat du monde qui se déroule à Madrid, dans son pays. Il est le leader de l’équipe pour la première fois et compte bien en profiter. Il se retrouver dans une échappée royale à 50 km de l’arrivée, composée de Devolder, Gilbert, Bettini, Pereiro, Perdiguero, Pill, Wegmann et Davis. Ce groupe sera repris à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. Mais à deux kilomètres de l’arrivée, la plupart des sprinters sont lâchés à cause d’une attaque de Bettini, Vinokourov et Boogerd. Les trois repris par Van Petegem, Aerts et Valverde, l’Espagnol croit pouvoir gagner. Mais un Tom Boonen en état de grâce gagne le sprint et Alejandro Valverde termine encore une fois deuxième du championnat de monde.

2006 fut une grande saison pour Alejandro. Il gagne successivement les deux classiques Wallonne, la Flèche et la Doyenne. Sur ces deux classiques, son accélération et sa vitesse de pointe impressionnent, il bat notamment dix coureurs au sprint à Liège parmi lesquels figurent Cunego et Bettini, réputés très rapides.

Avant le Tour, il passe notamment tout près de gagner ses premières courses par étapes, le Tour du Pays-Basque et celui de Romandie, où il glane quand même une victoire d’étape. Après le Dauphiné, il devient un des favoris pour la victoire sur le Tour, après que Basso, Vinokourov et Ullrich notamment soit exclus de la course avec leur équipe à cause de l’affaire Puerto. Mais lors de la troisième étape, il se casse la clavicule après une chute et il doit malheureusement abandonner.

Il se concentre donc la Vuelta, mais il tombe sur un Vinokourov ultra motivé par l’arrivée dans le peloton de l’équipe Astana, il se contente donc d’une énième deuxième place. Il aura quand même gagné une étape et il aura porté le maillot or huit jours durant, avant de craquer lors de la dix-septième étape et de perdre plus d’une minute sur Vinokourov et Danielson, le vainqueur de l’étape.

S’en suit une énième participation aux championnats du monde et il est encore une fois un des grands bonhommes de cette course. A un peu plus d’un kilomètre de l’arrivée, il tente un coup de poker avec Samuel Sanchez, les deux espagnols attaquent ! Zabel et Bettini les suivent. Cette fois-ci, c’est l’Italie qui prend le dessus sur l’Espagne et gagne son premier championnat du monde. Encore une fois, Valverde termine sur le podium des championnats du monde, ce qui devient une mauvaise habitude. Cependant Valverde est récompensé par sa régularité avec la victoire au classement Pro Tour.

Les consécrations, enfin !

Le début de saison de Valverde ressemble beaucoup à celui de 2006, sauf qu’il ne gagne plus mais termine deuxième. Sur l’Amstel, il fait partie du groupe de six qui se retrouve seul à moins de dix kilomètres de l’arrivée. Mais Schumacher attaque et derrière ça se regarde. L’Allemand gagne sa première classique devant son coéquipier Rebellin, Valverde ne termine que sixième sur une course qu’il n’aime guère. Sur la Flèche Wallone, il tombe sur un Rebellin imbattable et son contente de sauver les meubles en terminant quand même deuxième. A Liège, Di Luca s’échappe en fin de course et l’emporte tranquillement, Valverde bat Frank Schleck au sprint pour la deuxième place. Si dans les faits, Valverde a été bon, il est passé à côté de trois victoires et c’est forcément une déception.

Sur le Tour où il compte bien se rattraper,  il ne pèse pas. Après le chrono d’Albi, il perd tout espoir de gagner la course et ne fait que suivre en montagne. Il termine à plus de onze minutes de Contador malgré son étiquette de favoris en début de Tour. Finalement, lui ne remportera jamais le Tour, sa place a été prise par un autre espagnol, l’un des meilleurs grimpeurs de l’histoire ;

Par la suite Valverde ne participe pas à la Vuelta, pour se préparer en vue des championnats du monde. Mais à cause de problèmes de dopage, il n’est assuré de participer à la course que quelques jours avant la course. Il ne termine qu’à une piètre 56e place, surement un peu déstabilisé par ces accusations.

2008 est une nouvelle année et tout change. Sur les classiques, il redevient le meilleur du monde. Lors de l’Amstel, il termine troisième, battu au sprint par Cunego et Franck Schleck. Si cela peut paraître être une nouvelle contre-performance, c’est son meilleur résultat sur cette course. Après une Flèche Wallonne où il fut inexistant, il gagne pour la deuxième fois la doyenne. Après la Roche-aux-Foucons, ils sont 5 devant : Andy et Frank Schleck, Rebellin, Alejandro et son équipier Rodriguez. Ce dernier lâche et Andy attaque à quelques kilomètres de la côte de Saint-Nicolas. Finalement rattrapé, c’est son frère qui attaque. Mais l’échec est encore là, Frank Schleck est repris par Rebellin et Valverde. Alejandro remporte le sprint devant l’Italien et le Luxembourgeois. L’Espagnol a su gérer sa course à la perfection, sur de ses qualités au sprint, il n’a jamais paniqué.

Après quelques semaines de repos, il court le Dauphiné Libéré. Une course très spectaculaire avec une superbe bataille entre Valverde et Evans. L’Espagnol termine troisième du prologue et gagne le chrono, des résultats impressionnants et qui montrent ses progrès en contre la montre. Le Murcian se permet même de battre Thor Hushovd ! Mais c’est en montagne qu’il gagnera le Dauphiné, en ripostant  à toutes les attaques d’Evans, en déposant Leipheimer et tout ça avec une grande maîtrise.

C’est donc logiquement que quelques semaines plus tard, il est annoncé parmi les favoris du Tour, avec l’Australien Evans. Dès la première étape, il se montre, en la gagnant après avoir contré Kirchen à 300 mètres de la ligne. Il termine ensuite deuxième de la sixième étape derrière l’imbattable Ricco. Mais il rate son chrono lors de la quatrième étape et il n’est plus dans la course en haute montagne, il a surement été trop tôt en forme. Il termine finalement à plus de 7 min de son compatriote Sastre, vainqueur devant Evans, qui a lui a répondu présent. Mais l’Espagnol se console par la suite par une victoire dans la Clasica San Sebastian, une étape de la Vuelta devant Contador et le classement Pro Tour pour la deuxième fois de sa carrière.

Si Valverde réalise un gros Dauphiné, sur le Tour et la Vuelta, il montre de grandes difficultés à suivre en haute montagne. Il décide donc de délaisser en partie les classiques pour avoir son pic de forme sur le Tour. Malgré des victoires dans le Tour de Catalogne et le Dauphiné, ce sont ses affaires de dopage qui marquent sa première partie de saison. Le CONI aurait des preuves quand à son implication dans l’affaire Puerto et l’interdit de rouler sur le territoire Italien. Le gros problème, c’est que le Tour passe en Italie, il doit donc changer complètement ses plans et se concentre exclusivement sur la Vuelta.

Après les quatre premières étapes au Pays-Bas et en Belgique, la Vuelta revient en Espagne. Valverde prend le maillot de leader grâce aux bonifications lors de la deuxième étape de montagne au profit d’Evans, il ne le perdra plus ! A la Sierra Nevada, il prend plus d’une minute au coureur de Silence-Lotto. Le classement restera figé jusqu’a la fin de la Vuelta, sauf pour la deuxième ou Gesink chute et perd beaucoup de temps. « Ballaverde » gagne sa première Vuelta où il aura contrôlé la course du début à la fin, en ayant porté le maillot or pendant 13 jours ! Il se concentre maintenant sur le championnat du monde où il est un des grands favoris, encore une fois. Mais Evans, Kolobnev et Rodriguez s’échappent à moins de dix kilomètres de l’arrivée et ne seront plus revus. Valverde ne termine que sixième d’une course remportée par Evans. Il aura donc terminé trois fois sur le podium et cinq fois dans le top 10 en sept participations au mondial.

Son début de saison 2010 est mitigé. Deuxième de Paris-Nice, il est en difficulté sur les Ardennaises où il ne peut faire mieux que troisième à Liège. Et après une victoire dans le Tour de Romandie, Alejandro Valverde est suspendu pour deux ans, dans tout le monde. Ce n’est plus une sanction partielle, il est désormais considéré comme un véritable dopé et ce malgré l’absence de preuves. Cependant Valverde ne se laisse pas abattre. Il accepte la sanction et s’entraine encore plus, pour revenir plus fort en 2012. Aujourd’hui nous y sommes, Valverde reprend la compétition sur le Tour Down Under et semble plus affuté que jamais. Alors, a-t-il les moyens de revenir au top malgré l’âge ? Ce n’est pas sur, mais avec lui, rien n’est à exclure. Absolument rien…

Mehdi K.

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