Roman Kreuziger, une ascension limitée ?

Roman Kreuziger a remporté le maillot blanc sur le dernier Giro

Tous les ans, sur le circuit professionnel, des coureurs se révèlent. Certains confirment, d’autres pas complètement et certains pas du tout. Aujourd’hui, un coureur suscite bon nombre de questions, il s’agit du tchèque Roman Kreuziger. Il a déjà confirmé qu’il était un très bon coureur, mais on se demande maintenant s’il entrera dans l’histoire du cyclisme en remportant un Grand Tour.

Alors qu’il écrasait la concurrence dans les catégories Juniors, avec notamment un titre de champion du monde sur route et une Coupe du Monde UCI, Roman Kreuziger a plutôt baissé de régime chez les pros. Quelques tours d’une semaine, quelques étapes de montagne, et le reste ne sont que des places d’honneur. Mais le Tchèque n’a que 25 ans et il peut encore progresser, à l’instar de son homologue Robert Gesink, qui est passé d’équipier à véritable leader en deux saisons à peine.

Equipier puis leader, sans succès pour l’instant

En commençant sa carrière à la Liquigas, Kreuziger savait qu’il n’aurait pas tout de suite un statut de leader. En quatre saisons dans l’équipe italienne, « Kreuzi » a connu beaucoup de leaders tels quel Stefano Garzelli, Danilo Di Luca, Franco Pellizotti, Ivan Basso et Vincenzo Nibali. Difficile dans ces conditions de pouvoir jouer sa carte personnelle. Roman Kreuziger a donc du se contenter d’être un équipier modèle, aidant par exemple Nibali lors de la Vuelta 2010 que l’Italien a remporté.

Mais la saison dernière, le Tchèque avait choisi de rejoindre l’équipe kazakhe Astana. Kreuziger devait être le leader de l’équipe pour la saison 2011, après le départ d’Alberto Contador. Epaulé par des coureurs comme Robert Kiserlovski, Francesco Masciarelli ou Paolo Tiralongo sur le Giro qui était son objectif, le Tchèque n’a pourtant pas réalisé une très bonne saison. Sixième du Tour d’Italie, c’est son meilleur résultat sur un Grand Tour mais il visait au départ le podium… Bien loin des meilleurs dans les grandes étapes, Kreuziger n’a pas été aussi bon qu’espéré. Le coureur de 25 ans a ensuite enchainé avec le Tour, qu’il a complètement raté. Il devait aider Vinokourov à rentrer dans le top 10 mais il s’est blessé au poigné en première semaine avant que son leader abandonne.

Des tops 10 à répétition, peut-il gagner un jour ?

Jusqu’à maintenant, Roman Kreuziger malgré de grandes qualités, n’est pas au niveau escompté. Il grimpe bien, il ne roule pas mal, mais il a un gros point faible, la récupération. Sur les Grands Tour qu’il a disputés, il a toujours été moins bon en dernière semaine, alors que c’est souvent là que se fait la différence. C’est surement ce point faible qui lui a coûté quelques places en 2009 et 2010 sur le Tour de France, qu’il a terminé 9e les deux années.

Sur le Giro 2011 aussi, il pouvait espérer mieux. A la sixième place finale, il est sans aucun doute déçu, lui qui visait le podium. Mais alors que nous, spectateurs, pensions le trio Contador, Nibali et Scarponi intouchable, Kreuziger espérait aller les titiller. Etait-ce une folie ou avait-il réellement les capacités ? Surement un peu des deux. La quatrième place semblait atteignable sans une défaillance au Zoncolan, mais le podium, c’était une autre histoire…

Mais à côté des Grands Tours ou le Tchèque ne peut se montrer au maximum durant trois semaines, il réussit bien sur des tours d’une semaine. Logique puisque la récupération y est bien moins importante. Le Tour de Romandie et le Tour de Suisse sont ses principaux succès, et il y revient chaque année pour y faire une bonne place. Vainqueur du Tour de Suisse en 2008 et de celui de Romandie en 2009, il reste très régulier sur ces courses. Mais il y en a d’autres. Le Tour de Sardaigne qu’il a remporté en 2010 et Paris-Nice où il a terminé sur le podium la même année sont à classer dans la même catégorie : les « Petits Tours », qui conviennent très bien à Roman Kreuziger. Du coup, on en viendrait presque à se demander si « Kreuzi » ne devrait pas s’y consacrer davantage, délaissant quelque peu les Grands Tours.

Le Giro et le Tour ? Non. La Vuelta ? Pourquoi pas…

Quel que soit le Grand Tour, le natif de Maravska ne part pas favori. Le Giro tout d’abord est bien trop montagneux pour le Tchèque, et les jours tranquilles y sont très rares. De plus, le nombre de prétendants à la victoire finale chaque année est assez élevé. Les Italiens en tête sont de redoutables adversaires que seuls Contador et Menchov ont réussi à dompter ces dernières années. En ce qui concerne le Tour de France, si le parcours pourrait lui convenir davantage, la concurrence y est monstrueuse. Alberto Contador, Andy Schleck, Cadel Evans, tous viennent chaque année pour gagner et Kreuziger s’est déjà frotté à eux, sans succès. Pour ces deux mythes que sont le Giro et le Tour, l’ancien champion du monde junior ne doit pas se faire d’illusions.

Reste donc la Vuelta. Un parcours souvent moins difficile que sur les autres Grands Tours, un plateau d’un niveau moindre et une bonne partie des coureurs ne venant pas pour y jouer la gagne, c’est pour beaucoup de « leaders de seconde zone » l’occasion de se montrer. Juan José Cobo, Christopher Froome et Bradley Wiggins se sont par exemple livrés une bataille exceptionnelle lors de la dernière édition, ce qui aurait été impossible sur le Tour de France ou même sur le Giro. Si Kreuziger est en mesure de gagner un tour de trois semaines, c’est bien la Vuelta. Toutefois ne nous y trompons pas, il n’y a riende simple à gagner le Tour d’Espagne. Le plateau est tout de même au niveau d’un Grand Tour et les espagnols veulent toujours briller sur leur tour national. « Kreuzi » devra donc persévérer, combler ses lacunes en récupération et venir se tester sur cette course pour y jouer la gagne.

Cependant Kreuziger n’est pas du genre à renoncer et compte bien participer une nouvelle fois au Tour d’Italie en 2012. Il le juge plus humain et pense encore une fois pouvoir terminer sur le podium : « Le prochain Giro sera plus raisonnable par rapport à son édition 2011. J’ai une chance réelle d’être sur le podium. » Si cela semble une nouvelle fois très ambitieux, le Tchèque sait se donner les moyens de ses ambitions, dans la limite du raisonnable. Sans Contador et Nibali, après tout pourquoi pas. Il nous restera à voir si en fin de saison Kreuziger ira disputer la Vuelta, pour peut-être se tester avant d’en faire son objectif pour 2013…

Robin Watt

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