L’Australie, la nouvelle puissance du peloton

Cadel Evans est le chef de file de la sélection australienne

Juillet dernier. Cadel Evans est accueilli en rockstar à son arrivée dans l’État du Victoria, chez lui. Il vient de marquer l’une des plus belles pages de l’histoire du sport australien, il vient de remporter le mythique Tour de France. Cette victoire est à ce jour comme le plus grand fait d’arme du cyclisme des antipodes, qui n’existe au plus haut niveau que depuis une petite décennie mais qui désormais fait figure de puissance du peloton.

Une ascension progressive

Championnats du monde sur route 1999, Vérone. L’Australie est pour la première fois autorisée à afficher une équipe complète pour la course en ligne. Elle arrive à aligner sept coureurs, mais le plus performant d’entre eux abandonnera à trois tours de l’arrivée. Trois ans plus tard, les kangourous décrochent leur première médaille sur une course en ligne, par l’intermédiaire de Robbie McEwen, à Zolder. La même année, Michael Rogers entame son règne de trois ans sur la course chronométrée. L’Australie pointe le bout de son nez. D’après Bradley McGee, ce rendez-vous mondial était un des tournants de l’ascension du cyclisme australien. « En 2002, nous avions tellement de coureurs rapides que l’approche de la course a été tendue. Mais en réalité, Robbie McEwen était la meilleure chance de gagner. » Résultat : la fusée de poche termina deuxième, derrière l’intouchable Mario Cipollini. Et toujours d’après l’ex coureur de la FDJ : « Cette année là, on a appris à courir pour la gagne. »

Le goût de la victoire

Depuis ce déclic, le cyclisme australien continua sa progression linéaire, sans toutefois remporter de course majeure. Des podiums sur les flandriennes, des placettes sur les Grands Tours, le sprint s’en sortant mieux grâce aux prouesses de Robbie McEwen et des coureurs issus de la piste. Puis arriva le Paris-Roubaix 2007. Stuart O’Grady, formidable finisseur à ses plus grandes heures, remporte l’enfer du Nord au terme d’une échappée au long court bien menée. C’est la première victoire australienne notable sur un « monument » depuis les exploits de Phil Anderson durant les années 80. Les « aussies » savent désormais gagner, mais le meilleur est à venir.
La nouvelle locomotive du cyclisme australien s’affirme. Cadel Evans enchaine les podiums sur les Grands Tours avant la première consécration, un titre de champion du monde gagné à la pédale. Inarrêtable la saison suivante, il règle Contador sur le Mur de Huy et fait honneur à son maillot arc-en-ciel de bout en bout, malgré un nouvelle échec sur le Tour, à cause d’un coude fracturé. L’Australie continue de se faire une place dans le peloton et obtient en 2010 les premiers championnats du monde sur le sol Océanien. Allan Davis échoue à la troisième place sur la course en ligne mais les verts et jaunes glanent plusieurs médailles en espoirs et en contre la montre, le goût de la victoire s’amplifie.

Une cause nationale !

Mais 2011 restera comme la plus belle année du cyclisme australien. Cinq courses World Tour remportées, dont la mythique « primavera » enlevée par Matthew Goss, le nouveau fer de lance du sprint kangourou. Cadel Evans lui, touche au but. Après un début de saison efficace (Un Tirreno et un Tour de Romandie), la chance est enfin de son coté au mois de juillet et le natif de Katherine remporte (enfin !) le Tour de France. Rigueur, courage et efficacité étaient de mise, exactement comme la philosophie du cyclisme australien. Mais cette victoire suscita un engouement énorme à l’autre bout de la planète. Des millions « d’aussies » étaient prêts à accueillir Evans à son arrivée sur le sixième continent et la première ministre Julia Gillard était même prête à accorder un jour férié aux travailleurs du pays ! Cet exploit était décrit comme l’une des plus grandes performances du sport australien, c’est dire. La création de la nouvelle équipe Green Edge devrait assurer la productivité des coureurs australiens pour plusieurs saisons encore. Ajoutez à cela une foule omniprésente sur les routes du Tour Down Under et vous obtenez un sport qui devient majeur dans le pays. Et les kangoo ne sont pas prêts de s’arrêter là..

Amine L.

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