Comment gérer le Team Sky ?

En 2012, les stars seront nombreuses dans l'équipe Sky

En ce début 2012, beaucoup s’interrogent sur la gestion du Team BMC avec son trio Hushovd – Evans – Gilbert, voire sur le Team Radioshack Nissan, où les frères Schleck ne connaissent toujours pas dans le détail leur programme de courses. Derrières ces dreams Teams, on retrouve l’équipe Sky. Déjà pourvue d’un effectif de grande qualité, la formation de David Brailsford s’est notamment accaparée les services de Mark Cavendish, profitant de l’arrêt de la structure HTC. Mais alors que l’équipe compte déjà de nombreux coureurs protégés et que le tracé du Tour de France convient plus que jamais à Bradley Wiggins, comment faire cohabiter tant de leaders dans l’équipe anglaise ?

Boasson Hagen, Flecha, Froome, Rogers, Wiggins … voire Lofkvist, Swift, Thomas, Uran … Auxquels viennent s’ajouter Cavendish, Eisel, Porte ou encore Siutsou, autant de coureurs qui ont les moyens d’endosser un rôle de leader sur leur terrain de prédilection. Difficile alors de ne pas parler de dream team. Cependant, comment gérer tant de coureurs et leurs égos de février à novembre ?

De (trop ?) nombreux sprinters de renom

En conservant dans ses rangs Edvald Boasson Hagen et Ben Swift, le Team Sky a recruté le numéro un du sprint mondial, Mark Cavendish. Alors que Boasson Hagen semble se spécialiser dans un rôle de sprinter, il devra alors courir avec le seul homme qui l’a devancé sur les Champs Élysée en 2011.
Mark Cavendish, justement, avec qui aucun sprinter n’a eu plaisir à cohabiter. André Greipel, qui sors aujourd’hui du Tour Down Under avec trois victoires, ne dira pas le contraire. Edvald Boasson Hagen en sait quelque chose, puisqu’il a quitté la formation HTC en 2009, alors barré par la concurrence au moment où il doit s’affirme comme leader.
Car chez HTC, tout était clair. Cavendish était le numéro 1 et l’équipe à sa disposition. Même Tony Martin et Peter Velits, qui courraient pour le général sur le Tour 2011, n’échappaient pas à la règle.

Par ailleurs, il n’y a aucun doute, The Man Express sera au Tour de France pour viser à nouveau le maillot vert. Alors quelle place pour Boasson Hagen ? Le Team Sky fonctionnera-t-il comme Garmin l’an passé, où Hushovd se mettait à la planche pour Tyler Farrar dans les arrivées massives et obtenait cartes blanche sur les étapes plus escarpées ? C’est la solution la plus probable, Boasson Hagen a montré en juillet dernier qu’il savait mener au bout une longue échappée. Mais acceptera-t-il de travailler pour Cavendish dans les arrivées massives ?
Le troisième sprinter de l’équipe, Ben Swift, a confirmé l’an passé qu’il faudrait compter sur lui à l’avenir. Mais avec deux ténors du gratin mondial comme co équipiers, quelle place pour le jeune anglais ? Nul doute que Ben Swift sera seul leader du Team sur quelques courses par étapes, mais sera amené à travailler pour l’équipe la plupart du temps.
Une carte à jouer sur les classiques

Parce que la Sky veut briller partout, les classiques ne sont pas négligées par l’équipe au plus gros budget du peloton. Dès Milan-SanRemo, la formation britannique jouera la gagne. Et sur la Primavera, l’équipe aura plusieurs cartes à abattre. Attention tout de même, car Garmin l’an passé était présentée intouchable sur les classiques et seul Vansummeren a sauvé l’honneur à Roubaix fort d’une piètre tactique, évitant le fiasco à l’équipe Américaine.
Le Team a aussi intérêt à ne pas négliger la carte Boasson Hagen. Bien meilleur puncheur que Cav’ et fort d’une endurance à toute épreuve, le Norvégien à le profil pour briller sur le premier monument de la saison.

Dans les classiques pavées, le leader de l’équipe sera une nouvelle fois Juan Antonio Flecha, dont l’objectif majeur sera Paris-Roubaix. Cependant, sur les semi classiques réglées au sprint comme Gand Wevelgem, la Sky aura sa carte Cavendish, et surtout Boasson Hagen, plus complet et donc à l’aise sur ce type de terrain.
Seul bémol de cette véritable dream team, les classiques vallonnées. Certes, Uran ne cesse de progresser et termine 5° à Liège et 3° à Québec l’an passé, mais reste un niveau en deçà des meilleurs pour jouer la gagne. D’autant plus que Gerrans a choisi de rejoindre le projet GreenEdge, équipe australienne. Le Team Sky attend alors plus encore de Rigoberto Uran cette saison.
La Sky peut rêver du Tour

Sur les courses par étapes et grands tour, la formation aura également son mot à dire. Plusieurs coureurs sont capables de résultats probants sur des petits tours (Uran, Lofkvist, Porte) et les trois leaders de la Sky savent tenir trois semaines : Michael Rogers, Christopher Froome et surtout Bradley Wiggins. Ce dernier sera le leader désigné sur le Tour de France, dont il est convaincu qu’il peut le remporter depuis sa 4° place en 2009.
Et au vu du tracé, le double champion olympique de poursuite individuelle peut nourrir de grandes ambitions, puisque ce spécialiste du contre la montre disposera de près de 100km de chrono individuel pour creuser des écarts, qu’il tentera de conserver sur les étapes les plus difficiles, où il est loin du niveau des Contador, Schleck, Evans et compagnie. Si la victoire semble difficile à atteindre pour le coureur britannique, le podium lui semble plus que jamais accessible.

Peut être aussi est-il trop tôt pour enterrer Rogers. Le triple champion du monde de chrono est certes trop juste pour les premières places d’un classement général de grand tour, mais il peut aider Bradley Wiggins dans son ambition de jaune, comme il est capable de coups d’éclats sur courses par étapes d’une semaine.
Dernier coureur protégé sur les grands tours par Sky, Christopher Froome. Tout juste révélé sur la Vuelta, le Team insiste pour dire qu’il sera co leader sur le Tour. Mais il est difficile d’imaginer le natif de Nairobi suivre la cadence sur le plus prestigieux des Grands Tours, sa seconde place sur la Vuelta reflétant avant tout le faible niveau de la concurrence, en final d’une saison particulièrement éprouvante. Quoi qu’il en soit, il devrait être un allié précieux pour Bradley Wiggins.

Comment répartir les rôles sur le Tour de France ?

Une question se pose alors. Puisque la Sky mise sur Bradley Wiggins et Christopher Froome pour le général et qu’il est absolument improbable de voir Cavendish zapper l’évènement, quelle équipe alignera la formation anglaise sur le Tour ?
Nul doute que le dernier maillot vert du Tour a signé en obtenant la garantie d’un train sur le Tour de France. Pour preuve, Eisel – capitaine de route chez HTC l’an passé –- et Pate l’ont rejoins, passant tous deux également d’HTC à Sky. Mais un problème se pose alors puisqu’il faudra faire cohabiter tout le monde sans sacrifier une partie de l’équipe.

Comment organiser un train performant pour le maillot vert 2011 tout en gardant un noyau prêt à aider Bradley Wiggins et à rouler pour lui s’il vient à prendre le jaune à la suite du premier contre la montre ? De plus, nouveau problème, on voit mal la formation écarter Edvald Boasson Hagen, double vainqueur d’étapes l’an passé de la sélection pour la Grande Boucle. De même pour Juan Antonio Flecha, qui -– s’il se dit prêt à travailler pour ses leaders -– rêve d’une seconde victoire d’étape sur le Tour.
Wiggins, Froome, Boasson Hagen, Flecha, Cavendish, Eisel,… les places seront chères sur le Tour, et l’équipe doit être en mesure d’assumer la course tant pour son sprinter que son leader.

Le Team Sky devra donc composer avec de nombreux leaders et veiller à répartir habilement les rôles au sein de l’équipe pour 2012. David Brailsford n’a que l’embarras du choix.

Adrien Picard

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