Le Tour de San Luis en pleine expansion

Alberto Contador participe lui pour la première fois au Tour de San Luis

Le Tour de San Luis qui se déroule actuellement et ce jusqu’au 29 janvier prochain n’est pas une course médiatisée. Et pourtant, depuis plusieurs années, et encore plus cette saison, de grands noms se rendent en Amérique du Sud pour participer à la course créée en 2007, qui se déroule dans le centre de l’Argentine. Explications.

Depuis maintenant cinq éditions, ce sont principalement les régionaux qui se rendent au Tour de San Luis. Argentins, Colombiens et Chiliens sont déjà montés sur le podium de ce tour. Seuls trois européens que sont Francisco Mancebo, Vincenzo Nibali et Rafael Valls ont réussi à s’y introduire. Mais tous les autres coureurs Sud-Américains, profitant d’équipes nationales, se rendent pour la plupart sur ce tour montagneux. Du coup, le Tour de San Luis prend de l’ampleur et attire de plus en plus de monde, un bel exemple que beaucoup devrait tenter de suivre.

Un plateau 2012 de toute beauté

En cette saison 2012, les stars sont venues nombreuses en Argentine. Ceux qui commencent leur saison tôt n’ont pas énormément de choix et le Tour Down Under plutôt fait pour les sprinteurs n’attire pas énormément de leaders en quête de préparation en montagne. Du coup, le Tour de San Luis s’est avéré être la solution idéale. Dans un climat qui plaît à la plupart des coureurs, le parcours assez difficile permet de bien se mettre en jambes. Les efforts des organisateurs ne sont donc pas inutiles puisque pour cette édition 2012, les cadors sont présents. Alberto Contador et Vincenzo Nibali font figures de têtes de gondole mais Michael Rasmussen, Stefan Schumacher, Tom Boonen, Sylvain Chavanel, Levi Leipheimer, David Arroyo, Giovanni Visconti ou encore Filippo Pozzato sont également là. Sans oublier les régionaux comme José Serpa, Mauricio Ardila ou bien le vétéran Felix Cardenas.

Du coup, les profils montagneux devraient nous livrer une jolie bataille. On peut d’ailleurs évoquer les retrouvailles entre le vainqueur du Tour de France 2007, Alberto Contador, et celui que l’on pensait futur vainqueur jusque dans les dernières étapes, Michael Rasmussen. A la tête de son équipe cette année, il ne pourra évidemment pas tenir tête à l’espagnol du haut de ses 37 ans, surtout compte tenu du contre la montre individuel d’une vingtaine de kilomètres. Mais pour le prestige, la présence du grimpeur danois sur la course est un signe fort pour l’organisation, qui se montre de plus en plus.

Un avenir certain

Malgré le peu de médiatisation et de prestige de la course, elle risque d’attirer de plus en plus d’ici quelques saisons. Les coureurs favorisant aujourd’hui le Tour Down Under pour sa licence World Tour vont rapidement se rendre compte que le Tour de San Luis est une bien meilleure préparation pour le Giro ou les classiques. On aurait d’ailleurs bien aimé voir à l’œuvre Alejandro Valverde face à plusieurs adversaires, contrairement au Tour d’Australie où seul Simon Gerrans paraissait être un réel concurrent.

Cependant il faut noter qu’aujourd’hui, les coureurs et les équipes entières n’ont plus peur de démarrer la saison en janvier, pour la terminer en octobre. Toutes les courses comptent et les coureurs courent de plus en plus à travers le monde. De l’Argentine à la Chine en passant par l’Europe, le cyclisme se mondialise et c’est tant mieux. Toutefois, prenons garde. Si les coureurs n’hésitent plus à commencer très tôt, ce n’est pas forcément très bon. Comme André Greipel et ses participations annuelles au Tour Down Under, cela peut, pour certain, influer de façon néfaste sur le reste de la saison. Si la plupart viennent pour se préparer, il est important d’être un minimum opérationnel, pour ne pas paraître ridicule. Alors pour des coureurs comme Boonen qui ont la plupart de leurs objectifs en début de saison il n’y a à priori aucun risque. Cependant pour un Contador qui doit atteindre son pic de forme en juillet, venir en Argentine n’est peut-être pas la meilleure idée.

Mais faisons confiance aux cyclistes et à leurs staffs qui connaissent assez bien toute cette gestion de l’effort sur une saison complète pour ne pas se tromper. Et tant mieux pour cette course, placée à un moment compliqué de la saison, ne disposant pas de licence World Tour et se déroulant loin, très loin du continent qui accueille la quasi-totalité des courses professionnelles, l’Europe. Le Tour de San Luis a de l’avenir et qui sait, peut-être en reparlerons-nous dans dix ans comme une course très importante du calendrier.

Robin Watt

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