Super-puissances du cyclisme : des égos à gérer

Les fusions et l’accumulation de stars dans quelques équipes sont de plus en plus courantes dans le cyclisme moderne. Cette saison encore, certaines équipes font bien plus peur que d’autres sur le papier. Notamment trois qui font figure de super-puissances tant par la qualité que par la quantité de leur effectif. Il s’agit de RadioShack-Trek, Sky et BMC.

En effet, la fusion entre Leopard et RadioShack a réunie dans la même équipe Andy et Fränk Schleck, Chris Horner, Maxime Monfort, Andreas Klöden et Jakob Fuglsang autant de coureurs capables de bien figurer sur les courses par étapes. Même opulence chez Sky avec Bradley Wiggins, Christopher Froome, Rigoberto Uran, Mark Cavendish ou Edvald Boasson Hagen. Enfin la BMC regroupe Philippe Gilbert N°1 Mondial, Cadel Evans, vainqueur du dernier Tour de France et Thor Hushovd, champion du monde 2010, double vainqueur du maillot vert sur la Grande Boucle.

Trois formations, trois visions de l’équipe différentes

Tout d’abord chez RadioShack, l’équipe reste construite autour des frères Schleck. Chris Horner vise d’autres courses que les luxembourgeois et devrait se mettre à leur service sur leurs objectifs. De même pour Andreas Klöden, l’Allemand n’est plus le brillant second du Tour de France qu’il a pu être et fera sans doute figure de capitaine de route de l’équipe.
Enfin les deux talents que sont Maxime Monfort et Jakob Fuglsang se plient au rôle d’équipiers de luxe en attendant mieux. Le Belge et le Danois restent dans l’ombre des frères Schleck en attendant de pouvoir voler de leurs propres ailes.
Pour les ardennaises cependant, Johan Bruyneel devra faire un réel choix. Le duo venu de Radioshack composé de Chris Horner et Ben Hermans est très performant lors de classiques. Alors si les frères Schleck le sont également, ils ont prouvé par le passé qu’ils avaient de grandes difficultés à conclure, comme à Liège l’an passé…

Concernant la Team Sky, l’équipe britannique est une formation très solide avec de nombreux coureurs de qualité. Mark Cavendish, Edvald Boasson Hagen et Ben Swift se partagent les sprints, et des coureurs comme Bradley Wiggins, Christopher Froome, Rigoberto Uran, Thomas Lovkvist, Konstantin Siutsou ou Richie Porte peuvent peser sur les courses par étapes. Et la cohabitation semble fonctionner en ce début d’année 2012.
Sur le récent Tour du Qatar, toute l’équipe semblait vouloir emmener Mark Cavendish vers une première victoire dans cette saison olympique. Mission accomplie et la joie de l’équipe une fois la ligne d’arrivée franchie montre la satisfaction d’avoir gagné ensemble. Davide Appollonio a pleinement assumé son statut de poisson-pilote pour « the Man of Man »
Mais plus que le fait d’emmener son sprinteur vers la victoire, l’équipe Sky a montré une force collective impressionnante sur le Tour d’Algarve au Portugal. En effet, Boasson Hagen alors porteur du maillot jaune de leader s’est sacrifié pour ses co-équipiers Wiggins et Porte. Wiggins, le leader emblématique de l’équipe allait alors se mettre au service de l’Australien récemment arrivé de Saxo-Bank. Le Britannique imprime un tempo d’enfer au groupe, et quand Tiago Machado, le Portugais de Radioshack attaque, Porte contre et s’envole vers la victoire d’étape. Nul doute que Porte saura rendre la pareille à son leader Britannique sur des courses comme le Dauphiné ou le Tour de France

Enfin parlons de BMC, où la stratégie d’équipe sera la plus compliquée notamment sur les classiques
Cadel Evans est le leader incontesté et inconstestable sur les courses par étapes, confirmé par sa dernière victoire sur le Tour de France. L’édition 2012 lui convient aussi parfaitement, il est donc logique qu’il conserve son statu de leader. Il sera épaulé par le jeune Van Garderen qui va accumuler de l’expérience. Dans ce domaine, il n’y a donc aucune rivalité. Mais l’équipe compte entre Philippe Gilbert et Thor Hushovd deux des meilleurs flandriens du monde. L’intelligence voudrait que le Belge aide le Norvégien sur Gand-Wevelgem et que l’inverse se produise sur le Tour des Flandres. Mais quid de Paris-Roubaix? Les deux rêvent de soulever le pavé du vainqueur sur le vélodrome de Roubaix et le temps est compter pour le Norvégien qui affiche déjà 34 ans au compteur. Une question que devra trancher John Lelangue, le manager de l’équipe.
L’autre moment de la saison qu’il faudra gérer sera le triptyque ardennais. Vainqueur de l’Amstel, la Flèche et Liège-Bastogne-Liège, Philippe Gilbert est le meilleur coureur du monde dans ce domaine. Cependant, Cadel Evans nourrit aussi des ambitions dans ces courses, comme le témoigne sa victoire dans la Flèche Wallone en 2010. Greg Van Avermaet est lui aussi présent pour les ardennaises et voudra avoir sa carte à jouer au moins une fois. C’est surement l’équipe la plus forte dans ce domaine, mais le fait d’avoir autant de leaders potentiels pourraient presque être un handicap le jour de la course.

Nous verrons donc tout au long de la saison comment les directeurs sportifs gèrent leurs stars. Les victoires seront forcément présentes en fin de saison, mais le bilan sera-t-il au niveau des espérances ? Rien n’est moins sur…

Stan

Suivre @ChroniqueDuVelo

Publicités

4 commentaires sur “Super-puissances du cyclisme : des égos à gérer

  1. Bmc sera l’équipe qui aura plus de mal a gérer ses leaders car chacun se battra et n’ont pas une philosophie commune comme chez Sky de l’homme en forme

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s