Le sprint pour redorer le blason français

Depuis une bonne dizaine d’années si ce n’est plus, le cyclisme français faiblit. Bien loin des Espagnols, des Italiens ou des Belges, qui enchainent les victoires comme au bon vieux temps. Du coup, pour redorer son blason, la France compte sur ses sprinteurs, de plus en plus talentueux.

La dernière victoire française dans un Grand Tour remonte à 1985 et la victoire d’Hinault sur le Tour de France. Une longue, très longue attente. Et aujourd’hui, aucun coureur français ne semble en mesure d’accrocher la victoire sur trois semaines. Il y a bien quelques espoirs mais rien de bien concret à l’heure actuelle. Et puisqu’au niveau des classiques ce n’est guère mieux, le cyclisme français se rabat sur le sprint. Le seul domaine où certains tricolores réussissent à s’immiscer parmi les meilleurs. Entre les jeunes talents et les plus anciens qui les encadrent, il y a du beau monde.

Le vivier de la FDJ

Certaines équipes ont pour réputation de former la plupart de leurs coureurs. C’est le cas de la FDJ. Et c’est notamment dans les sprints que les jeunes se montrent. On compte parmi eux l’inévitable Arnaud Démare. Le champion du monde espoir en titre vit sa première saison en pro, et semble déjà tout connaître des ficelles du métier. Souvent placé dans les sprints au Tour du Qatar, le coureur de 20 ans a finit par obtenir son bouquet, lors de la sixième étape au Moyen-Orient. Et ce week-end, le néo-pro nous a encore ébloui grâce à sa polyvalence. Les légers pavés de Kuurne – Bruxelles – Kuurne ne lui ont pas fait peur et il a pris la quatrième place lors du sprint, derrière Cavendish, Hutarovich et Van Hummel.

Mais il n’est pas tout seul au sein de la formation au trèfle. Nacer Bouhanni est l’autre talent du sprint du côté de la FDJ. Avec un an de plus que Démare, le natif d’Epinal a un peu plus d’expérience, et autant de talent. Bouhanni a commencé sa saison par une victoire sur la première étape de l’Etoile de Béssèges avant de prouver sa régularité en terminant cinq fois dans les six premiers au Tour d’Oman. Ce sprinteur qui passe bien les bosses devrait lever les bras à de maintes reprises durant la saison.
A leurs côtés, on trouve aussi Arthur Vichot. Souvent placé en ce début d’année 2012, sur les Boucles du Sud Ardèche où il a terminé 2e et au GP la Marseillaise où il a pris la troisième place, le coureur de 23 ans n’a pas encore levé les bras cette saison.
Pour terminer, la FDJ peut compter sur Mickael Delage, souvent poisson pilote d’Arnaud Démare, qui fait un gros boulot pour son jeune co-équipier. Le sprinteur – rouleur qu’est William Bonnet peut lui apporter son expérience, à défaut de sa capacité à s’immiscer dans les sprints, malheureusement de plus en plus réduite.

Dumoulin forme Petit

Cofidis aussi possède ses sprinteurs maison. Le jeune Adrien Petit, vice champion du monde espoir, qui a offert le titre de champion du monde à Démare en septembre dernier. A 21 ans et avec déjà une année pro dans les jambes, le coureur passé par le club de Nogent sur Oise a pas mal appris la saison dernière. Notamment aux côtés de l’expérimenté Samuel Dumoulin. A 31 ans, celui-ci a déjà tout connu. Les World Tour, le Continental. Les moments de doute mais aussi les grandes victoires, comme en 2008 sur le Tour de France. Entamant sa quatrième saison sous les ordres d’Eric Boyer, l’ancien coureur d’AG2R connaît le milieu.

Adrien Petit a donc tout le loisir d’apprendre à ses côtés. Déjà vainqueur du GP la Marseillaise il y a quelques semaines, Dumoulin montre le chemin au jeune coureur qu’il a pris sous son aile. Cette saison, Adrien Petit doit prendre les choses en main pour apporter des bouquets à son équipe. L’apprentissage doit passer par des victoires, ce qui n’a pas été le cas la saison passée. Les sprinteurs de Cofidis, Dumoulin en tête, voient les années passer de plus en plus vite. A 21 ans, Petit doit prouver qu’il a tout d’un grand. L’équipe compte sur lui, et nous aussi.

Feillu et Gallopin, les expatriés

Lorsqu’on évoque le sprint français, il est bien sur impossible de ne pas parler de Romain Feillu. Meilleur sprinteur français actuellement, celui que l’on a appris à connaître sur le Tour 2008 lorsqu’il a porté la tunique jaune une journée, est véritablement la meilleure chance de victoires françaises sur les grandes courses. Deuxième à Redon sur le Tour, sixième des championnats du monde alors qu’il était malade, ce sont les principaux faits d’armes du sprinteur de Vacansoleil en 2011. Sans oublié tous ses résultats moins prestigieux mais tout aussi importants glanés tout au long de la saison par le coureur de 27 ans.

Dans un registre assez différent, on trouve Tony Gallopin. Très polyvalent, l’ancien coureur de Cofidis, désormais chez Radioshack avec son oncle Alain, n’en finit plus de nous surprendre. Déjà connu pour ses talents de sprinteur et dans une moindre mesure de rouleur, le français de 23 ans s’avère passer les bosses de belle façon. Ce fut notamment le cas au Tour d’Oman où Gallopin conserva sa troisième place malgré une étape dans laquelle on pensait qu’il perdrait beaucoup de temps. Cette saison pourrait bien être celle de la révélation pour Tony Gallopin.
Si notre nation n’est donc plus l’une des meilleures, peu importe le domaine, nous avons des armes pour obtenir des résultats probants dans les sprints. Des espoirs, un coureur de haut niveau et l’envie de faire oublier toutes ces années de disette. En espérant que cette saison soit celle d’un début de renouveau pour le cyclisme français.

Robin Watt

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