David Boucher : « Je veux me faire plaisir »

Avec un nouveau changement d’équipe cet hiver, David Boucher doit se réadapter. Cependant, pour la première fois dans une équipe française, le coureur de 31 ans compte bien profiter. Il a livré à la Chronique du Velo ses objectifs pour la saison 2012 et ses impressions sur sa nouvelle formation.

Chronique du Velo : Bonjour David, pour commencer nous voudrions savoir quel est votre programme de courses pour 2012. Vous vous rendrez essentiellement sur les flandriennes non ? Quel sera votre rôle sur ces courses là ?

David Boucher : Alors mon programme de courses est établi autour des classiques flamandes, c’est à dire Nokere, l’E3 Prijs, Gand Wevelgem, les 3 jours de la panne, le Tour des Flandres, l’Escaut, Paris Roubaix, Denain et le Tro bro Léon. Pour la suite, on verra. Sur ces courses je dois être présent dans un peu tous les rôles, car l’important pour nous, l’équipe, c’est de montrer que l’on n’est pas en Pro Tour par hasard. On doit peser sur la course et conclure avec un bon résultat afin d’obtenir des points précieux WorldWide Tour sur chacune des courses de ce challenge.

CDV : Quels sont vos objectifs personnels sur la saison ?

D.B : Mes objectifs et fonctions seront donc diverses, aider, barouder, être présent dans le final et pourquoi pas décrocher de beaux accessits. Je me sens très bien dans l’équipe, j’y ai trouvé ma place et c’est super. Sur la saison je vise des victoires dans les classiques, mais autre part ça me va aussi.

CDV : Parlez-nous un peu de votre nouvelle équipe. L’ambiance est-elle bonne avec ce bon début de saison de la FDJ-Bigmat ?

D.B : Nous sommes un bon groupe et surtout une bonne bande de copains, on ne se tire pas dans les pattes et on avance ensemble. Il n’y a que comme ça que l’on gravira les échelons. J’ai rencontré l’équipe en début d’année et très vite on a appris à se connaître et à rouler ensemble. Après seulement quelques mois on a déjà de beaux résultats. Dans les courses, on ne se cherche plus ou presque, on sait où l’on doit être et à quels moments on doit aider nos leaders ou bien attaquer. Ça c’est vraiment agréable. En dehors des courses on est toujours en train de blaguer et rire sur d’autres choses que le vélo et ça c’est aussi une force dans une équipe. Savoir sortir du contexte de la compétition et s’entendre sur d’autres sujets. Entre les courses on se téléphone aussi, etc… Bref, l’ambiance est super bonne, ça se voit, et on a une super équipe pour avoir de très bons résultats sur toute l’année !

CDV : Que pouvez-vous nous dire quand au phénomène Arnaud Demare, qui comptabilise déjà trois victoires en pro pour sa première saison ?

D.B : Arnaud fait partie de cette bande de copains que nous sommes. C’est un garçon très humble et très simple, à l’écoute de beaucoup de choses et qui voit très bien la course… Il est très simple et c’est un réel plaisir de travailler pour un jeune comme lui… J’apprécie énormément sa naïveté et sa décontraction, il s’étonne parfois aussi lui même lorsqu’il fait de belles choses. Le vélo est beau et semble parfois simple avec un personnage comme lui, c’est un nouveau rôle pour moi après avoir travaillé pour un coureur comme Philippe Gilbert, mais j’aime beaucoup ça. C’est assez motivant et excitant de se demander si le petit jeune va encore frapper chaque fois que je me livre à fond pour lui. Et quelle satisfaction lorsque j’entend son nom en premier au podium, chacune de ses victoires, c’est aussi une victoire pour moi comme pour toute l’équipe FDJ-Bigmat.

CDV : Comment êtes-vous venu au vélo ? Racontez-nous un peu votre histoire jusqu’à votre signature cet hiver à la FDJ-Big Mat …

D.B : Je suis venu au vélo par le fait que mon père était coureur et que j’ai voulu suivre ce parcours. J’ai remarqué que beaucoup de gens sont venu au vélo parce que des gens de leurs familles pratiquaient le cyclisme, et l’inverse est plutôt rare ! J’ai commencé à 8 ans, j’ai tout gagné chez les jeunes, et j’ai réussi à gravir les échelons et enfin passer pro. Cela a toujours été un rêve d’être pro mais moi et surtout mes proches m’ont donné les moyens d’y arriver. Ensuite et bien le plus dur est d’y rester. Cela fait maintenant 9 ans que j’y suis. J’ai essentiellement fait ma carrière en Belgique mais j’avais à cœur un jour de rouler pour une grosse équipe française, pour découvrir autre chose.

Plus jeune je voulais rouler pour l’équipe MAPEI qui est ensuite devenu Quick Step, ou pour la Lotto. J’ai donc en quelque sorte, pu réaliser ce souhait l’année passée, et quelle année ! La plus belle de « Phil » et ça restera un très bon souvenir. Cette année 2011 a été magistrale pour moi et toute l’équipe, quel plaisir de rouler et voir gagner un gars comme Gilbert ! Malheureusement ensuite, les choses se sont un peu dégradées car personne ne m’a dit que je n’étais pas conservé, ni la raison. Je l’ai appris par les journaux. J’ai donc passé un hiver stressant car je ne me voyais pas encore arrêter le vélo. J’étais en contact très avancés avec un ami, et aussi manager d’équipe Mr Gérard Bullens qui voulait me reprendre dans son effectif après quatre années que j’avais déjà faites là-bas. Mais j’ai pris une décision difficile en refusant cette offre. Je voulais tenter l’aventure plus haut et continuer d’évoluer en World Tour. J’avais entendu par un copain que c’était encore possible dans l’équipe de Marc Madiot, alors j’ai espèré et j’ai attendu. Puis Marc m’à appelé pour me dire que je correspondais bien à ses critères de recrutement.

J’ai donc été sauvé de justesse, sans doute grâce à ma ténacité et à mon travail pour les autres en courses. Je remercie les personnes qui m’ont aidées, et Marc ainsi que toute l’équipe FDJ-Bigmat pour la confiance qu’ils m’accordent. Depuis ma signature je m’épanouis encore plus sur mon vélo car je sais la chance que j’ai d’y être et à ce niveau. Je fais mon travail à 300% et suis prêt à tout donner pour faire gagner mon équipe. Quel plaisir.

CDV : Comment se déroulent vos entrainements ?

D.B : Je ne peux pas faire un schéma type. Je peux juste dire qu’une semaine de fond, c’est environ 30 heures de selles avec les 5 sortes de thématique incluent dans des sorties allant de deux à sept heures selon les terrains.

CDV : Êtes-vous plutôt un coureur à l’ancienne (parle des sensations…) ou un coureur moderne (discute en watts..) ?

D.B : Je suis plutôt un coureur à l’ancienne comme on dit, qui fonctionne aux sensations et simple cardio. Mais je me suis adapté aux nouvelles technologies avec les watts, c’est pas mal mais un compromis entre les deux reste l’idéal pour trouver son équilibre et le meilleur dans ses performances.

Pour terminer je voudrais revenir sur une chose. Je suis très heureux de faire partie d’une équipe française. Contrairement a ce que j’ai pu lire, les équipes françaises sont très structurées et très professionnelles. Malgré ma naturalisation Belge, je suis vraiment fier aujourd’hui de faire partie de l’équipe au trèfle, j’espère que celui-ci continuera de me porter chance, et de me porter vers le haut

En conclusion j’espère faire une bonne saison dans les classiques que j’affectionne, et me faire plaisir sur le vélo. Et pourquoi pas gagner une belle course !

CDV : Merci beaucoup pour cette interview David. C’est tout le mal qu’on vous souhaite, vous voir à l’avant durant les flandriennes. Conservez votre naturel et votre esprit d’attaque, c’est tout ce que l’on vous demande !

Propos recueillis par Alexis Rose

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