Rogers : à la recherche du temps perdu

Auteur d’un bon début de saison sur ses terres natales, l’Australien Michael Rogers reste une énigme. Ses objectifs sont difficiles à cadrer.

Retour à la genèse

Si aujourd’hui le coureur de la Team Sky s’apparente à un coureur plutôt complet et capable de briller sur des courses à relief, il n’en reste pas moins à l’origine un véritable spécialiste du contre-la-montre. Formé à l’école de la piste, il s’est très vite imposé comme un rouleur de très grand talent. A l’instar d’un coureur comme Cancellara, il montre de belles dispositions pour l’effort solitaire.

A 22 ans et durant sa deuxième année professionnelle, Rogers confirme le bien qu’on pense de lui. Il s’impose chez lui sur le Tour Down Under. Non que ce soit une grande course, cette victoire permet de percevoir en Rogers certaines aptitudes pour les courses par étapes.

2003-2005 : Un rouleur qui se mue en grimpeur

Transféré en 2003 au sein de la formation Quick-Step de Patrick Lefévère, l’Australien révèle toute l’ampleur de son talent au grand jour. Pour sa deuxième année professionnelle et à seulement 23 ans, Rogers s’offre une pléiade de bouquets dont quelques très belles courses par étapes comme le Tour d’Allemagne ou encore la Route du sud. Mais surtout, il s’impose comme le meilleur rouleur du monde de 2003 à 2005 en collectant trois titres de champion du monde du contre-la-montre.

Fin 2005, Rogers s’affiche comme l’un des plus grands espoirs du cyclisme. Maître du temps sur l’exercice solitaire, il démontre toute l’étendue de ses qualités sur les courses d’une semaine. C’est ainsi que dans la logique des choses, il rejoint avec son coéquipier Patrick Sinkewitz la T-Mobile afin de briller sur les Grands Tours.

2006-2011 : Entre succès et désillusions

Si en 2006, Michael Rogers retrouve un statut d’équipier pour Kloden et Ullrich, il réalise son premier top10 sur trois semaines en terminant 9ème du Tour de France. Dès l’année suivante, le natif de Barham jouit d’un statut de leader par défaut. C’est l’occasion pour lui, à 27 ans, de concrétiser toutes les attentes placées en lui. Pourtant, la saison 2007 sonne comme le début d’une malchance qui le suivra jusqu’aujourd’hui. Victime d’une fracture sur le Tour de France 2007 alors qu’il était maillot jaune virtuel et de deux mononucléoses qui lui ont gâché ses saisons 2008 et 2011, Rogers entretient un statut d’espoir déchu presque malgré lui. Pourtant, en 2010, il avait réalisé une magnifique saison en remportant notamment le Tour de Californie. Le triple champion du monde du contre-la-montre avait même déclaré vouloir finir sur le podium à Paris. Résultat, une décevante 43ème place.

2012 : Vers quelle fin de carrière ?

Aujourd’hui, Michael Rogers, tel Marcel Proust est à la recherche du temps perdu. Car du temps, il n’en a que trop perdu. Désormais âgé de 32 ans, le coureur de la Team Sky n’a plus le temps pour lui. Dans un effectif très dense, où Wiggins bénéficie d’un statut de leader, où Froome s’est révélé comme un potentiel vainqueur de tour et où Uran a pris une nouvelle envergure, Rogers n’a plus la priorité. Il est même relégué à un rôle d’équipier qu’il n’avait plus endossé depuis la saison 2006. En témoigne sa non-participation à des courses comme Paris-Nice ou Tirreno Adriatico. Et même si « Mike » semble encore disposer d’un bon coup de pédale, comme lors du Tour Down Under, il est plus que probable qu’il n’aura jamais l’envergure d’un excellent coureur de Grands Tours. On gardera de lui l’image d’un éternel espoir, vaincu par la chétivité de son corps. Il est pourtant tentant de s’imaginer ce qu’aurait pu être sa carrière sans tous ces déboires.

Quentin alias Tinetine

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