Milan – San Remo 1999, Tchmil au panache

Chaque année à la mi-mars, on se pose la même question. Comment battre les sprinteurs à San Remo ? Il y a une douzaine d’année, Andrei Tchmil remportait la Primavera au nez et à la barbe des spécialistes et privait Erik Zabel d’un triplé historique sur la première classique de l’année.

Andrei Tchmil est à l’époque un des doyens du peloton. Il a 36 ans et débute sa onzième saison professionnelle au sein du peloton. Depuis sa victoire sur Paris-Roubaix 1994, il collectionne les places d’honneur sur les classiques. Malgré une victoire sur Paris-Tours en 1997, il cherche désespérément à faire gonfler son palmarès, mais il manque de chance. Pour Zabel, c’est le contraire, tout lui réussi. Après un doublé sur San Remo en 1997 et 1998, le triple vainqueur du maillot vert sur le Tour est l’unique favori de la course et on le voit faire le triplé avant même le début de la course.

Une journée qui commence très tôt et une course mouvementée

Il est 5h du matin et le coureur belge entend une sonnerie. Il a d’abord cru à un réveil mal réglé, mais ce n’est pas ça. Une  personne sonne à sa porte. C’est un médecin de l’UCI chargé de contrôler quatres équipes avant la course. Après avoir été réveillé de force, il donne son sang avant d’essayer de se rendormir pour disputer une course de plus de 7 heures. Il n’est donc pas dans les meilleurs conditions pour être en mesure de disputer la gagne en fin de journée.

Après avoir rattrapée l’échappée matinale, composée de Hunter, Cerezo et Di Renzo, le peloton commence à aborder les fameux « capi » à 50 kilomètres de l’arrivée. Il monte le début de la Cipressa très rapidement, sous l’impulsion des Rabobank et Lampre. C’est à ce moment là que Pantani accélère. Personne ne peut le suivre ! Le pirate prend une dizaine de secondes d’avance avant que Bartoli prenne conscience de la situation et décide de riposter. Suivi de Gontchenkov, ils essayent de rattraper le grimpeur transalpin. Les deux bascules à un peu plus de 5 secondes de Pantani à la fin de la Cipressa. Derrière, c’est fini pour Tafi et Cipollini, lâchés dans la bosse. Au pied du Poggio, un groupe de huit se forme avec Van Bon, Bettini, Savoldelli, Spruch et Aerts qui ont rejoint les 3 coureurs échappés. Tout ce beau monde repris, c’est un ancien vainqueur, Colombo, qui attaque dans le Poggio. Il se retrouve seul à 3 kilomètres de l’arrivée avec une dizaine de secondes d’avance.

L’attaque décisive de Tchmil

Après la descente, Zberg tente sa chance et rejoint Colombo en tête de course à un kilomètre et demi de l’arrivée. Mais le peloton revient et on arrive à la flamme rouge rapidement. Tout le monde pense alors que cela va se terminer comme lors des deux dernières éditions, avec une victoire de Zabel au sprint. Que nenni, à 600 mètres de l’arrivée, Tchmil attaque pendant un moment d’inattention au sein du peloton. Personne ne réagit sur le coup et le nouveau belge prend une faible avance. Tchmil continue son effort alors Zabel lance son sprint à 150 mètres de la ligne. Mais c’est trop tard, le coureur de Lotto gagne la course à la surprise général. Zabel et Spruch complètent le podium. Grace à un formidable travail d’équipe, Tchmil endosse le maillot de leader de la Coupe du Monde qu’il gagnera en fin de saison.

Cet homme de classiques vient de prouver à tout le monde qu’il n’était pas mort, loin de là. Les observateurs qui pensait l’homme aux multiples nationalités fini sont rappelés à l’ordre. Tchmil n’est pas immortel mais presque et un an plus tard il le prouvera de nouveau en faisant une énorme saison, en remportant notamment la classique printanière qui lui manquait, le Tour des Flandres. Un homme de classiques, un homme de légende.

Mehdi Khouch

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