Démare « Je me surprends moi-même »

Arnaud Démare vit une saison particulière. Pour sa première chez les pros, le sprinteur de la FDJ gagne à tout va. Et ce ne sont pas des victoires au rabais ! Aujourd’hui l’espoir français peut revoir ses objectifs à la hausse, et il les a d’ailleurs confiés à la Chronique du Velo. Entretien.

Chronique du Velo : Bonjour Arnaud. Pour commencer, parlons de la magnifique saison que vous êtes en train de réaliser. En tant que néo pro, comment expliquez-vous vos victoires très rapides ?

A.D : Et bien je dirais que je me surprends moi-même. J’arrive dans le milieu professionnel et j’arrive déjà à m’imposer, ça me fait vraiment plaisir.

CDV : Avant vous, beaucoup d’espoirs n’ont pas confirmés. Romain Sicard en est malheureusement un bon exemple. Est-ce que cela vous fait peur ? Et qu’avez-vous en plus qui peut vous permettre de passer outre ?

A.D : Je pense qu’il faut laisser le temps aux jeunes espoirs qui passent professionnels. Pour évoquer Romain Sicard c’est en plus un grimpeur donc il n’a pas beaucoup d’opportunités pour s’exprimer, et je pense qu’il faut lui laisser le temps de mûrir et de progresser. Après me concernant, je suis un sprinteur donc il y a énormément d’opportunités pour moi. J’ai beaucoup plus de chances de m’imposer et ça marche bien pour moi. Cependant je ne pense pas trop à l’avenir, je prends plutôt le présent comme il est.

CDV : Lorsqu’on vous voit, on vous sent très décontracté. Pourtant après un titre de champion du monde espoir les attentes sont là, vous ne ressentez pas la pression ?

A.D : C’est vrai que les médias et les journalistes me mettent la pression, ils attendent un Cavendish français donc il faut essayer de faire rêver le public. Et je fais parti des coureurs qu’ils attendent donc j’essaie de freiner un peu tout ça et de ne pas m’enflammer.

CDV : En même temps que vous, on voit se révéler votre coéquipier Nacer Bouhanni. Quels liens entretenez-vous avec lui ? A-t-il un rôle dans votre réussite et inversement en avez-vous un dans la sienne ?

A.D : Maintenant on est trois bons sprinteurs dans l’équipe FDJ (avec Hutarovich, NDLR) donc c’est tant mieux, on s’aide mutuellement et si jamais il y a un pépin durant la course, on peut toujours avoir une roue de secours et c’est très bénéfique. Après je pense qu’il faut s’en servir comme d’une aide plutôt que comme un conflit dans l’équipe. C’est ce qu’on fait donc c’est une bonne chose pour nous.

CDV : Vous avez battu de grands noms du sprint lors de vos victoires au Qatar et au GP Samyn notamment, vous ne vous y attendiez pas avant le début de saison. Donc maintenant que vous avez vu que vous pouviez faire de genre de résultats, quels sont vos objectifs pour cette année ?

A.D : C’est vrai que ça m’a fait énormément plaisir, je me dis que j’ai les moyens de les battre et que si je les ai battus une fois je peux le refaire, c’est très prometteur pour la suite. Donc forcément maintenant je pense aux championnats de France, au Giro auquel je vais participer. Alors pourquoi pas une victoire d’étape là-bas si j’arrive à garder ma forme actuelle. Et puis évidemment je pense aux Jeux Olympiques. Mais c’est vrai que j’ai envie de viser plus haut.

CDV : Votre participation à Cholet – Pays de la Loire a-t-elle été un choix par rapport à Milan – San Remo qui est une course qui vous fait rêver ?

A.D : Je pense qu’il faut savoir prendre son temps, je n’ai que 20 ans. Milan – San Remo c’est une énorme classique, je viens de remporter trois courses chez les professionnels il ne faut vraiment pas griller les étapes. Je pense que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Et puis Milan – San Remo on ne peut pas s’y aligner comme ça, c’est une course vraiment spécifique et très difficile.

CDV : Dernière question, comment êtes vous venu au vélo ? Et plus petit, avez-vous une idole ?

A.D : Alors je suis venu au vélo parce que mes parents en faisaient. Très jeune j’étais sur le bord de la route pour regarder mon père courir. Donc dès que j’ai pu prendre une licence je suis monté sur un vélo et j’ai fais des compétitions. Ensuite concernant mes idoles, j’ai beaucoup aimé Tom Boonen quand j’avais 14-15 ans. C’était un coureur que j’aimais beaucoup quand il était maillot vert et que j’aime beaucoup encore ; et être confronté à lui dans des sprints c’est que du bonheur.

Merci Arnaud de nous avoir accordé cette interview et à bientôt sur les routes. On soutiendra évidemment l’un des rares français présents sur le Giro, pour on l’espère tout autant que vous une première victoire d’étape sur un Grand Tour.

Propos recueillis par Robin Watt

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