Fabian Cancellara, la bête est blessée

Fabian Cancellara est un grand coureur de classiques. Mais depuis l’an passé, il n’a remporté aucun monument, ce qui était pourtant son grand objectif. Plus rageant encore pour le Suisse, il reste sur quatre podiums consécutifs sur ses classiques favorites. Manque de chance ou erreurs tactiques ?

Des places d’honneur à répétition

Tout a commencé au printemps 2011 avec Milan – Sanremo. Le Suisse n’est pas favori, les projecteurs sont plutôt tournés sur Philippe Gilbert. En grande forme en vue des Ardennaises, le Belge est déjà attendu. La course est très mouvementée, et les sprinteurs les moins affutés lâchent tôt dans la course, comme chaque année. Dans les premiers « cappis », les attaques fusent. Mais les fuyards sont rapidement repris, et à 3 kilomètres de l’arrivée, un groupe de dix coureurs se forme. Matthew Goss, seul sprinteur du groupe, remporte assez aisément sa première grande course. Fabian Cancellara, malgré toute la volonté du monde, ne peut prendre que la deuxième place. Face à Goss il n’avait aucune chance. Mais ce manque de réussite va le poursuivre…

Deux semaines plus tard, c’est le Ronde qui se tient. Cette fois, le Suisse est bel et bien favori, mais aussi tenant du titre. La course de mouvement commence réellement dans le Vieux Quaremont, lorsqu’un Sylvain Chavanel très en forme attaque et distance ses compagnons d’échappée pour se retrouver seul dans le Molenberg. Fabian Cancellara entre lui en action à 43 kilomètres de l’arrivée. Il dépose le groupe de favoris pour partir à la poursuite du français et le rattrape 11 kilomètres plus loin. Mais « Canci » voit quelques difficultés se dresser sur son chemin. Le coureur de la Quick-Step ne roule pas et les deux coureurs se font rattraper par Nuyens qui les accompagnera jusqu’au bout… pour les battre ! Le Suisse a-t-il trop roulé ? Peut-être, puisque le peloton est revenu et qu’il avait encore la force d’attaquer quelques kilomètres plus tard. Tactiquement, il aurait été préférable d’attendre les derniers kilomètres pour placer une attaque, sans doute plus incisive.

Pour l’Enfer du Nord, Cancellara est encore l’homme à surveiller, même si Boonen espère pouvoir déjouer les pronostics. La seconde échappée part à 150 kilomètres de l’arrivée, sans grands espoirs. Seulement, le peloton ne roule pas, ou pas assez fort. Cancellara décide alors de partir pour ne pas laisser s’envoler une si belle course. Mais il est suivi de Ballan et du norvégien Thor Hushovd, redoutable sprinteur. Et après quelques kilomètres à rouler comme un forcené, le Suisse retient la leçon de la semaine précédente. Il ralenti pour laisser les autres travailler. Ils ne le font pas et le petit groupe est repris par le peloton. Cette fois, l’échappée va aller au bout. A quelques kilomètres de l’arrivée, Cancellara replace une attaque, rattrape quelques coureurs, mais il est trop tard, Van Summeren a déjà gagné. Cette fois-ci, le Suisse ne pouvait rien faire, ses compagnons d’échappée ne voulant pas assumer leur part du travail. Mais encore, il était le meilleur et n’a pas réussi à s’imposer…

Un an plus tard, après une saison en demi-teinte, le Suisse revient avec plus d’ambitions sur la Primavera. L’écrémage du peloton est mené par les Liquigas, jusqu’à une attaque de Vincenzo Nibali suivi de Simon Gerrans dans le Poggio. Cancellara rattrape les deux fuyards après un numéro de grande classe et prend, encore les relais, sans même laisser le choix à ses partenaires. Après six kilomètres à maintenir seul le peloton à distance, Cancellara craque sur les 50 derniers mètres et Gerrans s’impose. Le Suisse déclarera après coup: « J’ai pris le risque, je ne pouvais pas faire plus. […] Je me suis dit qu’il valait mieux, quoi qu’il en soit, prendre une deuxième place dans une grande course. Mais je reste le vainqueur moral. » Avait-il le choix de rouler ou non ? Sans doute pas car le peloton serait revenu. Encore une fois, beaucoup de travail pour une seconde place. Et d’après Simon Gerrans le vainqueur, « Fabian était le meilleur aujourd’hui. ». Un nouvel échec cuisant pour l’un des meilleurs coureurs de classiques du peloton.

Un regard tourné vers le futur

Après cette nouvelle désillusion sur Milan – Sanremo, Fabian Cancellara doit se projeter sur les flandriennes. Il a remporté les Strade Bianche et vient de montrer sa force sur la « Primavera ». Le parcours du Tour des Flandres, orphelin du Mur de Grammont, sera plus facile que d’habitude. Il faudra donc la jouer fine tactiquement, reste à savoir si le Suisse en est capable… Quand à l’Enfer du Nord, c’est son principal objectif cette saison. Mais son grand rival, Tom Boonen étant en forme aussi, il lui faudra trouver les moyens d’être meilleur tactiquement que lors de ses derniers échecs. Son équipe sera-t-elle capable de rouler suffisamment ? Les autres favoris assumeront-ils enfin leur rôle ?

Rien n’est moins sur. Mais Cancellara a surement beaucoup appris d’un an de places d’honneur. Et on le sait, celui qui a terminé quatrième des derniers championnats du monde n’est pas un gagne petit. Il voudra prouver dans les semaines à venir à tous les observateurs qu’il est encore capable de gagner les grands monuments du cyclisme. Alors pourquoi pas un doublé sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, comme en 2010 ? Les concurrents devront se méfier. L’animal est toujours plus dangereux blessé.

Emile

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