Nibali doit changer de dimension

Récent vainqueur de Tirreno-Adriatico, Vicenzo Nibali a déjà atteint à plusieurs reprises cette saison ce à quoi il n’a jamais gouté l’an passé : la victoire. Déjà très en vue en Oman, le Squale a confirmé sur la course des deux mers qu’il était déjà en grande forme. Après une saison 2011 qui n’a pas confirmé comme on l’attendait son potentiel, le sicilien se doit cette année de prouver qu’il peut tenir la dragée haute aux meilleurs en juillet. Le printemps du sicilien, une répétition avant le Tour de France ?

2011, un goût d’inachevé

Car cette saison, Nibali s’attaque directement à la Grande Boucle, après avoir remporté la Vuelta en 2010 puis s’être cassé les dents sur Contador -finalement déclassé- mais aussi Scarponi sur le Giro la saison passée.
Retour justement sur l’exercice précédent. Au sortir d’une saison 2010 remarquable : 3° d’un Giro inscrit dans les anales – en travaillant pour Ivan Basso – puis victorieux en Espagne, le requin de Messine dépassait les attentes sur les grands tours. Après ce premier succès majeur sur la Vuelta, le Squale se prenait à rêver de son Tour national, minutieusement préparé.
Mais sur ses terres, Vincenzo Nibali doit se contenter de la dernière marche du podium en mai, finalement second après déclassement de Contador.

Pire, cette fois ci le Tour d’Espagne ne rattrapera pas cet « échec » pour faire de cette saison un exercice réussi, puisque Nibali visait la victoire finale à Milan. De l’autre côté des Pyrénées, le sicilien ne peut faire mieux que 7°.
Pourtant débutée idéalement, (Nibali passe toute la première semaine bien placé et semble le mieux placé des favoris à la victoire finale), cette Vuelta deviendra un calvaire pour l’Italien, incapable physiquement de défendre son titre. Il se retrouve très vite à la peine en montagne, et sort du podium au soir de la 14° étape. Il ne le retrouvera plus, et comme tous ses adversaires passés par le Giro en mai, Nibali finira loin des outsiders venus rafler les premières places du général.

Mais le plus important aux yeux de du requin est l’absence de victoire tout au long de cette saison. En effet, le requin n’a jamais levé les bras l’an passé, contre 7 fois en 2010, qui reste alors bien son année référence.

2012, rebondir

C’était donc un Nibali remonté qui s’apprêtait à débuter sa saison, le Squale se devait de rebondir après une saison compromise entre honneur et déception. Ainsi, il affiche déjà un bon niveau sur le Tour de San Luis, visiblement affuté (5°). Mieux il décroche en Oman, sa course suivante, sa première victoire de la saison à l’occasion de la 5° étape, l’arrivée étant jugée sur la montée de Green Mountain. Il échoue à seulement une seconde de Peter Velits au général, prenant alors la seconde place sur le podium. Mais peu importe, c’est donc en mi février et à l’occasion de sa seconde course que Vincenzo décroche une victoire, après avoir corru après toute la saison passée.

L’intersaison a visiblement profité au sicilien et rien ne vient perturber sa préparation pour Tirreno Adriatico, son premier objectif de la saison. Un succès construit lors de la 5° étape qu’il remporte, parachevé lors de l’ultime contre la montre. Et qu’importe « l’incident » qui l’opposerait à Peter Sagan au soir de la 4° étape ou le Slovène l’emporte au nez et à la barbe de son leader mais qui a surtout beaucoup alimenté la presse italienne, Nibali remporte alors la course des deux mers d’une main de maître malgré un contre la montre par équipe initial raté.
La condition qu’il affiche le place naturellement comme l’un des favoris de SanRemo, il se place comme le plus à même des non sprinters à piéger ces derniers. Mais son attaque dans le Poggio ne crée pas la sélection espérée et il est contré au sommet, Vincenzo s’emparera finalement de la dernière place sur le podium, derrière Gerrans et Cancellara.

Ce début de saison réussi laisse alors entrevoir un Vincenzo Nibali plus fort que jamais. Déjà victorieux à deux reprises en solitaire lors d’arrivée au sommet, il n’a jamais paniqué sur Tirreno Adriatico malgré le retard accumulé lors de la première étape, et remporte ainsi sa première victoire majeure en Italie.

L’imbroglio Giro/Tour

Il a longtemps été question de la répartition du leadership sur les deux premiers grand tours de la saison au sein de la Liquigas, entre Ivann Basso et Vincenzo Nibali. Car si le parcours du Tour de France semble bien plus abordable pour le sicilien que le varésan, ce premier n’a jamais caché son attrait pour son tour national, restant sans doute sur sa faim.
Cependant une chose a toujours été claire pour le requin, ce sera Tour ou Giro, mais pas les deux : « si je suis au départ du Giro, ce sera à 100% de ma condition et pas pour monter crescendo en vue du Tour de France. Ce serait méprisant pour mes supporters ».
Or, Ivan Basso a lui dores et déjà fait une croix sur le Tour de France, ou du moins sur ses ambitions en juillet, motivé par l’idée de remporter un 3° Giro. Si l’équipe affirme que la décision finale sera prise après Liège Bastogne Liège, il semble pour autant improbable qu’Ivan Basso ne soit pas unique leader sur le Giro, de même que Nibali sur le Tour.

Et au vu du parcours de la Grande Boucle, ce choix apparaissait comme une évidence. Les 100km de contre la montre individuel désavantageront moins Nibali, meilleur rouleur que Basso. En montagne, on ne compte que 3 arrivées en altitude sur le Tour, où le requin ne devrait pas prendre trop de temps sur les tous meilleurs grimpeurs. De plus l’un des deux contre la montre est vallonné, ce qui profitera à l’italien. Mieux encore, le squale pourra tout à fait exploiter ses remarquables qualités de descendeurs lors des enchainements de cols et des arrivées en descente (étapes 10 et 16). Ainsi, Vincenzo Nibali peut tout à fait prétendre au podium du Tour.

Une carte à jouer sur les classiques ?

Le coureur italien se définit lui même comme un coureur de grand tour, plus « diesel », « j’ai perdu mon explosivité dans les côtes à fort pourcentages. Mais il faut faire des choix […] et j’ai fais celui d’être le plus efficace possible sur vingt et un jours« . Pour autant, ses qualités font de lui un coureur à surveiller sur les classiques, il s’explique « enfin sur les classiques les plus longues et les plus exigeantes comme Milan-SanRemo, Liège-Bastogne-Liège ou le Tour de Lombardie, je suis là pour la gagne« .
3° du dernier SanRemo, 8° à Liège l’an passé et protagoniste majeur des deux dernières éditions en Lombardie mais sans réussite, nul ne peut dire l’inverse. L’endurance du sicilien et ses qualités de grimpeur mais aussi de descendeur lui offrent le profil pour briller sur ces monuments.

Ainsi cette saison, Vincenzo Nibali garde à cœur de faire oublier l’année précédente par la victoire. Efficace sur une comme trois semaines mais aussi sur certaines classiques, nul doute que cette saison sera riche pour le requin de Messine. Après un début de saison réussi, l’italien peut désormais pleinement se concentrer sur ses objectifs majeurs de la saison, le rendez vous est prit en juillet.

Adrien Picard

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