Leif Hoste, le maudit

Certains coureurs son nés pour gagner, d’autres pour perdre. Leif Hoste fait partie de cette deuxième catégorie, celle des losers, celle des regrets. Le courtraisien détient un record peu glorieux, celui d’avoir terminé à trois reprises sur la deuxième marche du podium sur le Tour des Flandres, en quatre ans. 

2004, le coup presque parfait

Samedi 31 mars, Jacky Durand fêtera les 20 ans de son triomphe au Ronde après une échappée de plus de 200 kilomètres. Hoste aurait pu en faire de même puisqu’il a failli faire le même coup, il y a 8 ans. La course commence très tôt pour lui, puisqu’il part, avec son co-équipier Maréchal, dans une échappée composée d’une vingtaine de coureurs avec notament Commesso, Joachim, De Jongh, Zanini, Elmiger, Ongarato, Lodewig, Schaffrath, Pagliarini, Durand et Lang. Après une cassure dans le Vieux Quaremont, il ne reste que Maréchal, Elmiger, De Jongh, Schaffrath, Zanini, Lodewig et évidemment Leif Hoste. A moins de 50 kilomètres de l’arrivée, le peloton a deux minutes de retard et c’est à ce moment là que Dierckesens décide d’attaquer pour rejoindre le groupe de tête. Dans le Berandries, les favoris commencent à prendre leurs responsabilités. Bruylandts , Ivanov, Boogerd, Bettini, Van Petegem, Wesemann attaquent succesivement avant d’arriver au pied du Mur de Grammont où la jonction se fait avec l’échappée. Bruylandts en remet une couche, Wesemann le suit, Leif Hoste est juste derrière. Plus loin, les favoris sont piégés. Dekker, Van Bon, Flecha et Klier sont en contre. Malgré une attaque de Bettini dans le Bosberg, la victoire se jouera entre les trois fuyards. Bruylandts attaque sous la flamme rouge. Hoste, après une courte hésitation, décide de le contrer , mais c’est bien Wesemann qui gagne au sprint. La presse flamande s’acharne sur le coutraisien, qui aurait du laisser le coureur allemand (à l’époque) contrer et faire avec Bruylandts « une alliance entre flamand ». Hoste, surement surpris de sa deuxième place, ne se doute pas encore que ce sera encore la sienne à deux reprises.

2006, Boonen peut lui dire « Dank u »

Vainqueur des Trois jours de la Panne, « Polleke » est en forme. Mais le grand favori est Tom Boonen. Irrésistible depuis un an, le champion du monde a déjà gagné dix courses depuis le début de la saison ! L’échappée matinale est composée d’une dizaine de coureurs avec notamment Maréchal, Boucher, Auger et Albasini. Tomeke accélère une première fois dans le Molenberg, à 115 km de l’arrivée, il montre dès le début de la course qu’il est en grande forme. Le groupe de tête compte plus de quatre minutes d’avance sur le peloton après le passage du Vieux Quaremont. A 70 km de l’arrivée, dans le Koppenberg, Boonen accélère et le peloton se scinde en deux, il ne reste plus grand monde. Après avoir repris les échappées, le groupe des favoris est composé de Boonen et trois de ses équipiers, Pozzato, Baguet et Bettini, accompagné de Cancellara, Kroon, Hushovd, Hoste et le top 7 de l’édition précédente : Hincapie, Ballan, Petito, Zabel, Van Petegem et Klier. Dans le Valkenberg, à 35 kilomètres de l’arrivée, Hoste attaque, Boonen le suit. Derrière, personne ne peut suivre les deux flamands. Kroon, Ballan, Petito auront essayé, sans succés. La course est cadenassée par les équipiers des deux hommes de devant, les deux champions peuvent partir en toute tranquilité vers Meerbeke. Dans les derniers instants, Hoste ne veut pas se faire avoir comme deux ans auparavant et il attaque à 500 mètres de la ligne. Mais Boonen le contre facilement et gagne son deuxième Tour Des Flandres. Le courtraisien ne pouvait rien faire à par collaborer, Boonen était trop fort ce jour-là. Le champion du monde pourra lui dire merci, car Leif Hoste aura collaboré du début jusqu’à la fin, sans broncher. C’est peût-etre là qu’est son erreur, si tant est qu’il en ait commis une…

2007, si proche du but

De retour chez Lotto après deux saisons chez Discovery Channel, Leif Hoste compte bien enfin franchir la ligne en premier à Merbeke. Mais Boonen est encore une fois le favori de la course. Vainqueur de Kuurne-Bruxelles-Kuurne, à travers les Flandres et du Gp E3 pour la quatrieme fois de suite, il domine encore son sujet, malgré des problèmes personnels qui le pertubent. Cette 91e édition du Ronde est très nerveuse. Avec notamment de nombreuses chutes en début de course, dont Boonen, Bettini, Cancellara et Zabel. Sept coureurs forment l’échappée matinale. Parmi eux, on peut citer Tjallingii, Boucher, Franzoi et Kuschynski. Ce groupe atteindra une avance de plus dix minutes. La course est assez ennuyeuse, aucun coureur ne veut prendre ses responsabilités et seul Cancellara ose attaquer à quelques reprises, sans succès. Il faut attendre le pied du Mur de Grammont pour voir Boonen accélérer dès le pied, suivi de Bennati, Ballan et Hoste. L’Italien de la Lampre, Alessandro Ballan, contre alors Tom Boonen, qui ne peut pas répondre. C’est Hoste qui doit faire l’effort pour revenir : la jonction se fait dans la descente. Malgré l’attaque de Pozzato dans le Bosberg, la victoire se jouera entre les deux hommes forts de la course. « Polleke » lance son sprint à 200 mètres de la ligne. On croit d’abord qu’il va gagner, les supporters au bord de la route crient son nom, il va enfin se retrouver sur la première marche du podium de ce mythe du cyclisme. Mais il craque et Ballan le dépasse remportant le Ronde Van Vlaanderen. Chez Lotto, c’est la déception, tous les fans, Marc Coucke le premier, sont désabusés et déçus. Le courtraisien ne comprend pas, il pouvait enfin gagner cette classique, il était à 30 mètres de la victoire, mais encore une fois, il est battu au sprint. Malgré le réconfort de Ballan et de son manager Marc Sergent, il a dû mal à avaler cette troisième défaite. Il pleure au micro des journalistes, il veut se réveiller de ce cauchemar.

« Je ne survivrai pas à une quatrième 2e place »

Rare sont les coureurs à n’avoir jamais gagné une course après être arrivé trois fois sur la deuxième marche du podium. Il y a eu Poulidor, bien sur, mais sur les classiques, ça n’est jamais arrivé ! Leif Hoste a maintenant 34 ans et la fin de carrière est proche. Malgré ses victoires aux Trois jours de la Panne et ses trois titres de champion de belgique du chrono, Hoste a en majorité rempli son palmarès de top 10 que de victoires. Trois fois second du Ronde, troisième de l’Eneco-Tour, deuxième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne et quatre fois dans le top 10 de Paris-Roubaix, Hoste ne gagnera surement jamais une grande course, qu’il mériterait pourtant de remporter. Souvent sujet aux moqueries chez les supporters, le coureur de chez Accent-Job aura marqué l’histoire à sa manière, à l’instar de Poulidor, comme étant le second, l’éternel loser sympathique qu’on aimerait tant voir franchir la ligne en premier.

Mehdi Khouch

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