Tour des Flandres : Boonen par K.O

Tom Boonen est le grand vainqueur d’une classique marquée par l’abandon de Fabian Cancellara et le retour au plus haut niveau des italiens sur le Tour des Flandres. Désormais triple vainqueur de l’épreuve, le belge entre un peu plus dans la légende du cyclisme.

Un parcours qui n’aura pas tenu toutes ses promesses 

Annoncé plus difficile, plus sélectif, le tracé de cette 96e édition du monument flandrien n’a offert qu’un spectacle mitigé. Si la chute de Cancellara explique en partie l’attentisme des favoris et de leurs équipes, rien ne justifie que soixante-dix coureurs soient encore en mesure de se disputer la victoire à quelques encablures de l’arrivée. Le Paterberg, désormais juge de paix de la classique, n’était pas suffisamment long, et n’a pas laissé la marge nécessaire au duo Ballan-Pozzato pour distancer un Boonen en difficulté. « Remplaçant » attitré du regretté Mur de Grammont, le Vieux Quaremont n’a lui pas déçu puisque c’est dans cette montée que Pippo Pozzato a attaqué, plaçant sa première accélération depuis une éternité ! Tom Boonen, plein de maitrise tout au long de cette classique a cependant su s’accrocher dans le sillage de l’Italien pour revenir sur un Ballan parti plus tôt. Le trio ne sera pas rejoint, preuve de l’efficacité de cette difficulté.

Les regrets éternels de Pozzato 

Sorti des monts, nous tenions donc le tiercé. Mais dans quel ordre allaient arriver les trois flahutes ? La pointe de vitesse de Tom Boonen obligeait les deux transalpins à tenter quelque chose. Ce que Ballan aura fait, mais sans grande conviction et surtout sans soutient de Pozzato. Ce dernier, dont le sens tactique semble de plus en plus à revoir, a fait confiance jusqu’au bout à ses jambes de sprinteur, se pensant suffisamment fort pour battre un Boonen affaibli par les 250 kilomètres de course et une  succession d’ascensions redoutables. Mais revenons au cas Ballan : ancien poisson-pilote de Bennati, le champion du monde de Varese semble avoir perdu de son punch, ses micro-attaques n’ont absolument pas faites vaciller un Boonen solide qui aura sauté dans sa roue du tac au tac à chaque occasion. Dans les derniers mètres, la victoire ne pouvait plus échapper à Tornado Tom. Au cours d’un sprint long et puissant, Boonen n’a jamais laissé ses adversaires revenir au contact. Epuisé par ses efforts, Ballan craque en premier. Trop court, Pozzato aura lancé son effort avec un temps de retard, alors que c’était à lui d’agir en premier. On a eu l’occasion de remarquer que le vénitien refaisait son écart, réduisait la distance le séparant d’un nouveau sacre, plus de cinq ans après son exploit dans Milan-San Remo. Ce ne sera pas pour cette fois, mais le coureur de Farense-Vini, comme son compère Ballan, a incontestablement marqué des points en vue de Paris-Roubaix, qui plus-est en l’absence de Cancellara.

Des Flops à la pelle 

Phillipe Gilbert avait prévenu, il ne jouerait pas la gagne sur le Tour des Flandres. Son annonce n’était pas du bluff. Mis à part sur un contre derrière Vincent Jérôme, le leader de la BMC n’aura pas brillé, laissant, comme sur Milan-San Remo, le loisir à Alessandro Ballan de sauver l’honneur d’une bien pâle équipe BMC. Et que dire de la non-performance de Thor Hushovd ? Lâché très tôt, complètement hors de forme, le Norvégien est totalement à la rue depuis son arrivée chez les suisses. Assisterait-t-on à la fin d’un grand champion ? Il est trop tôt pour le dire, mais le déclin semble frapper de plein fouet l’ancien champion du monde.

Cancellara mis hors-jeu sur chute, on attendait beaucoup des Sky qui présentaient de sérieux arguments au départ de la course (Eisel, Boasson Hagen, Flecha) Le premier s’étant sacrifié pour le Norvégien qui n’aura finalement rien fait, la déception sera une nouvelle fois de rigueur pour une équipe qui peine à s’imposer sur les classiques depuis sa création, et ce malgré des moyens et un effectif peuplé de grands noms. Matti Breschel, le coureur de la Rabobank, complète cette liste de battus. Le Danois, un des favoris de l’épreuve, ne règle même pas le sprint du peloton et termine à une triste 9e place, on attendait beaucoup mieux de sa part.

Les français audacieux 

Aux avants postes pendant la majeure partie de la course, les français se seront fait plaisir sur ce Tour des Flandres. Vincent Jérôme allume une première mèche à 58 kilomètres de l’arrivée. Un peu plus tard, c’est un Thomas Voeckler impressionnant qui confirme ses bonnes dispositions sur les classiques flamandes. Il emmène pendant un court instant un groupe d’attaquants composé de Leukemans, Gatto, Popovych, Larsson et d’un surprenant Anthony Geslin ! En grande forme ces temps-ci, le meilleur français de Milan-San Remo se montre sur un terrain qu’il apprécie de plus en plus. La jonction opérée,  c’est au tour de David Boucher de s’offrir un numéro solitaire de toute beauté. Quand les gros rentrèrent en action, les tricolores furent un peu plus discret (Chavanel jouant le jeu d’équipe pour Boonen). Mais au moment du sprint final, Voeckler et ce même Chavanel ont montré leur détermination en rentrant tous deux dans les dix premiers. Belle performance pour le cyclisme français qui engrange de précieux points en vue des prochaines échéances mondiales et olympiques.

Louis Rivas

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