Tom Boonen, une victoire quatre étoiles

Au terme d’un numéro solitaire historique, le belge Tom Boonen s’est imposé sur le Vélodrome de Roubaix pour la quatrième fois de sa carrière et entre définitivement dans l’histoire du cyclisme. Le Belge a remporté une course marquée par l’impuissance de ses concurrents et une improbable deuxième place française signée Sébastien Turgot.

Un Boonen historique

Cet après-midi sur les pavés du Nord, Tom Boonen s’est fait une place parmi la légende. Sur le plan comptable, car le Belge égale désormais Roger de Vlaeminck avec quatre victoires sur l’Enfer du Nord, mais surtout par la manière. Revenons-en à la manière. Nous sommes à plus de 55km de l’arrivée, les favoris s’isolent en tête mais nous sommes dans un temps mort. C’est le moment choisi par Tom Boonen pour accélérer en compagnie de son coéquipier néerlandais Niki Terpstra. Les italiens Pozzato et Ballan ne réagissent volontairement pas, pensant que le peloton avalerait le duo d’OPQS. A vrai dire, personne ne croyait en un raid de 55 km du Belge. Cette stratégie pour le moins surprenante pouvait même laisser présager un petit aveu de faiblesse de la part du coureur de Mol, qui avait confié avant la course ne pas être un adepte des longues chevauchées cancellaresques. On a ensuite pensé à un excès de confiance quand on a vu Boonen lâcher son propre coéquipier dès le secteur pavé suivant et s’envoler en solitaire seul face à tout un peloton. Mais il se trouvait que Boonen était dans un forme étincelante et qu’il était le plus fort aujourd’hui. Derrière lui, les Sky au nombre de quatre lançaient la poursuite pour faire revenir leur leader Juan Antonio Flecha sur la tête, pour rien. Boonen grappillait seconde par seconde jusqu’à atteindre la minute à 25km de l’arrivée. Après une magnifique dernière envolée au Carrefour de l’Abre, Tornado Tom pouvait savourer dans les derniers kilomètres son succès historique et son improbable et fantastique numéro solitaire. Une facette pleine de panache dont le Belge ne nous avait pas habitué jusqu’aujourd’hui.

Mais son succès, Boonen le doit aussi à son équipe qui a encore remarquablement bien couru. Il fallait d’abord qu’OPQS contrôle la course jusqu’à la Trouée d’Arenberg, chose brillamment faite. Puis à partir de là, l’équipe de Patrick Lefevere a parfaitement mise son leader sur orbite. Des relais appuyés de Gert Steegmans puis de multiples attaques du finalement malheureux Sylvain Chavanel ont contribué à isoler les favoris et à légèrement les mouiller. Et enfin un infatigable garde du corps tel que Niki Terpstra pour protéger Boonen après son attaque. Une course de maitre de la part des coureurs de l’équipe Belge.

Une concurrence écœurée

Sans vouloir minimiser l’incroyable exploit de Tom Boonen, force est de constater que les concurrents du Belge s’y sont très mal pris pour battre la fusée de Mol. En premier lieu Filippo Pozzato. Scotché à la roue de Boonen au moment de son premier écrémage, l’Italien a mystérieusement coupé son effort et laissé volontairement le Belge filer en compagne de Nicki Terpstra. Une tactique douteuse quand on sait que le Belge était l’archi favori de la course et que le moindre mètre laissé pouvait être fatal, d’autant plus que Boonen était accompagné d’un coéquipier. Le Belge isolé, la tactique de course s’éclaircissait, c’était tous contre Boonen. Mais la poursuite prit du temps à se mettre en place et le Belge prit rapidement une vingtaine de secondes d’avance. C’est le moment choisit par l’armada Sky pour lancer la poursuite. L’équipe britannique comptait quatre coureurs dans le groupe de chasse, une aubaine pour rattraper Boonen, mais elle préféra épuiser un part un ses coureurs jusqu’à laisser Flecha et Boasson Hagen seuls. Mais en théorie seulement, puisque malgré le fait qu’il n’ait pas donné un coup de pédale, le norvégien céda bien loin de l’arrivée. Au delà des stratégies douteuses, la malchance condamna certains favoris. Hushovd, Pozzato ou encore Chavanel par deux fois ont du essuyer chutes ou crevaisons. Mais de toute manière, Boonen était le plus fort.

Un Français peut en cacher un autre !

Coté français, on attendait beaucoup de Sylvain Chavanel et de son coté imprévisible. En cas de course d’attente et de marquage de son leader Tom Boonen, le Poitevin pouvait tirer son épingle du jeu et partir de loin pour créer l’exploit. Après une première partie de course bien gérée, Mimosa lança quelques banderilles pour écrémer le peloton et il se trouvait qu’il était en très grande forme. Mais malheureusement, la malchance s’abattit sur le champion de France et deux changements de vélo coup sur coup eurent raison de la plus grande chance de podium française. Mais ce coup dur n’empêcha pas les Français de peser sur la course dimanche. Sébastien Turgot et Matthieu Ladagnous ont couru toute la course devant et ont évolué au même niveau que les Ballan, Flecha et autres. Et cerise sur le gâteau, le coureur d’Europcar réussi à régler au sprint le groupe de poursuivants au nez et à la barbe de cadors des pavés ! Un premier podium français depuis plus de 15 ans, exploit complètement inattendu vu son auteur, qui n’était jusque là qu’un rouleur/sprinter sans grand fait d’arme à son actif. Après un double Top 10 sur le Tour des Flandres, le cyclisme français montre qu’il se porte de mieux en mieux sur les pavés, à confirmer.

Amine Ladouani

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