Les outsiders ont les dents longues !

En remportant le Tour des Flandres en avril 2011, Nick Nuyens a lancé sans le savoir une vague impressionnante de victoires d’outsiders, en particulier sur les classiques, mais aussi sur les grands tours. Un phénomène tout à fait nouveau et pour le moins étrange. Comment expliquer les difficultés rencontrées par les ténors du peloton pour imposer leur loi là où ils régnaient sans partage quelques années plus tôt ? 

Entre marquages et défaillances

Les surprises de Nick Nuyens et Johan Vansummeren au printemps 2011 ont évidemment étés grandement facilitées par le marquage sans précédant dont le suisse Cancellara a été victime. Totalement obnubilés par l’idée de faire perdre ce coureur alors totalement au dessus du lot, les principaux favoris ont sacrifiés leurs minces chances de victoire en laissant le champ libres à leurs équipiers. Si Nuyens a su gagner en costaud devant Spartacus, Van Summeren a lui clairement profité du jeu d’équipe de la Garmin.

Au mois de juillet, on assistera bien évidemment à la chute d’Alberto Contador sur les terres du Tour de France, la première pour un castillan fatigué par sa victoire dans le Tour d’Italie. Le reste du podium est assez logique, mais en 4e position, se glisse un français : Thomas Voeckler. On connait les circonstances ayant amenés cette performance énorme,  récompensant le travail impressionnant d’une équipe Europcar soudée autour de son leader. La cerise sur le gâteau étant la victoire de Pierre Rolland à l’Alpe d’Huez devant Sanchez et Contador.

Encore plus stupéfiante fut la victoire d’un Juan José Cobo aux portes de la retraite sur le Tour d’Espagne. Frappé par la dépression, en panne totale de résultats, Cobo est véritablement sortit de l’enfer au bon moment pour décrocher la plus importante victoire de sa carrière. Sa performance stratosphérique dans l’Angliru où il assomma tout le monde sans montrer le moindre signe de fatigue à l’arrivée est encore dans toutes les mémoires. Alors que Nibali, Scarponi, Rodriguez et Anton, pourtant annoncés favoris, vécurent l’enfer sur cette édition pourtant peu montagneuse, l’ancien de la Saunier Duval a tranquillement remporté son tour national, résistant au non moins douteux Christopher Froome. Certes le Giro difficile du printemps avait fortement fatigué les organismes, mais jamais au cours de l’histoire non n’avions pu assister à une telle succession de défaillances chez les meilleurs, combinée à une ascension fulgurante de cas désespérés comme Cobo et Froome.

Alors qu’on présentait fortement Gilbert pour une troisième victoire dans le Tour de Lombardie, le wallon, auteur d’une saison monumentale, a pour la première fois paru essoufflé lors de la classique des feuilles mortes, ne finissant même pas le premier groupe de poursuivants. Parti en solitaire dans les plus fortes pentes de l’ascension de la dernière montée, Oliver Zaugg ne sera jamais repris par Rodriguez et Basso, incapables de contrecarrer les plans d’un suisse qu’on connaissait bon grimpeur, mais qu’on n’attendait surement pas à un tel niveau.

Des seconds-couteaux qui défient toute logique !

Simon Gerrans vainqueur devant Cancellara à San Remo, qui l’eut cru ? L’ancien du Crédit Agricole a renvoyé une nouvelle fois le suisse sur la 2e marche d’un podium à l’occasion de la classissima.  Une victoire qui n’a rien d’un hold-up tant l’australien a bien joué le coup au contraire d’un Cancellara souvent bien trop démonstratif pour l’emporter dans le contexte actuel.

Les classiques ardennaises de cette année furent à l’image des flandriennes de l’année passée : d’un coté un belge dominateur, de l’autre des surprises à la pelle. Exit Phillipe Gilbert, c’est Tom Boonen qui remporta le gros lot pour le plat pays. Mais qu’arrive t-il au wallon ? On comprend facilement que celui-ci soit passé à coté de son mois de mars : souhaitant se préserver pour les échéances de fin de saison, il a décalé son programme pour ne pas arriver trop tôt en forme. Mais l’invincible Gilbert de la campagne 2011 a totalement déjoué là où il paraissait si fort ! D’abord, en lançant son sprint de trop loin sur l’Amstel Gold Race : trop court, il échouera à une bien pale 6e place, laissant Vanendert, Sagan et Gasparotto s’expliquer. Sans surprise, c’est l’ancien champion d’Italie qui distança ces deux adversaires pas tout à fait taillés pour lui résister, l’un étant trop inexpérimenté, l’autre pas assez rapide dans le replat.

La Flèche offrit moins de suspense, Rodriguez s’envolant rapidement vers son plus beau succès, concrétisant enfin les espoirs placés en lui. Mais juste derrière, ce n’est pas un Schleck, pas un Valverde que l’on retrouvera, non, c’est bien Albasini ! La déroute des luxembourgeois et du murcian se poursuivra le dimanche suivant dans un Liège-Bastogne-Liège enlevé par l’équipier de luxe Iglinsky ! Un solide gaillard, mais pas tout à fait taillé pour remporter la doyenne en décrochant Purito et en avalant Nibali d’un trait.

Tout ce grabuge est sans précédent, plus aucune hiérarchie ne tient. Les outsiders croient en leurs chances et ne respectent plus les favoris, quelque part, cette mini-révolution est une bonne, une excellente chose. Avides de revanche, il est certain qu’on retrouvera des gros noms encore plus motivés à l’idée d’effacer les cuisants échecs de cette campagne de classique en signant des succès de prestige sur les prochaines courses par étapes.  

Louis Rivas

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Un commentaire sur “Les outsiders ont les dents longues !

  1. Je trouve quand même que la Vuelta 2011 était très montagneuse mais par rapport a la 2012 elle le sera moins^^ Sinon bah ca me dérange pas trop de voir des outsiders gagner dans des courses moindres comme le Tour de Catalogne mais dans les grandes courses si ils gagnent c’est surtout du a une tactique compléétement a revoir de certains a part Contador,Samuel Sanchez.

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