Place au Giro #2 – Scarponi à la défense de son titre



Comme la Liquigas, la Lampre nourrit de grandes ambitions sur le prochain Tour d’Italie. L’équipe transalpine décide cette année de tout miser sur le général. Preuve de la confiance offerte par l’équipe en ses leaders Cunego et Scarponi, l’équipe laisse Alessandro Petacchi à la maison. Dans une sélection tournée vers la conquête du maillot rose, seul Danilo Hondo aura carte blanche pour viser des étapes. Analyse d’une équipe qui devra endosser le poids de la course sur ces trois semaines.

La paire Scarponi/Cunego attendue

C’était pressenti, c’est désormais officiel depuis une semaine : Michele Scarponi défendra bel et bien son titre acquis sur tapis vert en mai dernier sur son tour national. Pourtant, ça n’a pas toujours été une évidence pour l’équipe italienne. Dès l’annonce du parcours du Tour de France, Damiano Cunego a écarté tout espoir d’en prendre le départ à Liège, jugeant le parcours « pour un rouleur/grimpeur » et bien trop peu escarpé pour lui. Naturellement, le Petit Prince choisissait de prendre part au Giro, et ce non sans une idée bien précise derrière la tête. En effet, Damiano Cunego souhaite couper en juin puis focaliser sa seconde partie de saison sur la Vuelta, dont il fera un tremplin pour les Championnats du Monde, où il a reçu la garantie de pouvoir jouer sa carte. A 30 ans, Cunego croit plus que jamais en ses chances sur le mondial, puisque l’arrivée y sera jugée 1,2 kilomètre après la montée du Cauberg, cette même montée qu’il dominait en 2008 pour remporter l’Amstel. Très vite, le triple vainqueur du Tour de Lombardie avait alors défini ses objectifs pour 2012, et pouvait alors se préparer pour le Giro.

Quant à Scarponi, le choix ne fut pas si évident. Il l’avouait lui même récemment dans une interview pour la Gazzetta dello sport : « J’étais attiré, fasciné et presque séduit par le Tour de France » avant de renchérir « mais le Giro est ma course, ce sont mes routes, devant mon peuple ». Aujourd’hui, c’est donc certain, le grimpeur italien défendra bel et bien son titre sur ses routes, un titre qu’il espère bien conserver.

Deux leaders, un objectif

Pour autant, aucune hiérarchie n’est actuellement établie entre Cunego et Scarponi à moins de deux semaines du départ. Si Scarponi est le tenant du titre, Cunego est pourtant déjà en grande condition, et c’est d’ailleurs le premier qui fut au service du second sur le Tour du Trentin. Cependant le Giro est long et se jouera en dernière semaine, Scarponi le sait bien.
Alors, lequel des deux est le mieux armé pour aller jusqu’au bout, c’est à dire sur la première marche du podium final à Milan ? A dire vrai, c’est bien le tenant du titre qui semble le plus à même d’y parvenir. A contrario de celui qui est de deux ans son ainé, Cunego ne parvient plus et ce depuis plusieurs saisons à peser sur les classements généraux de Grands Tours, pourtant vainqueur du Giro à 22 ans. Désormais, Cunego s’est orienté vers les classiques, un registre qui lui convient nettement mieux.

Michele Scarponi, lui, possède l’endurance nécessaire, et même vitale en toute fin de Grand Tour. 4e du Giro en 2010, il termine second l’an passé, d’une course écrasée par un Contador nettement au dessus du lot. On connait la suite, le champion espagnol est déchu de ses titres acquis la saison passée, et Scarponi remporte sur tapis vert son premier Giro. Nul doute que le grimpeur est déterminé à remporter la course sportivement cette année, podium, honneur et hymne à la clé.
Pour autant, Damiano Cunego se souviendra que c’était dans l’ombre de son leader et favori de la course Gilberto Simoni qu’il a décroché sa victoire sur l’épreuve en 2004 …

Michele Scarponi : « Je ne suis pas le favori »

En alignant ses deux leaders, la Lampre doit s’attendre à assumer le poids de la course. Mais Scarponi refuse lui le statut de favori, et insiste : « il y a de nombreux concurrents […] Kreuziger, Rodriguez, Ivan Basso … » mention toute particulière pour le Varésan et lauréat en 2010 : « Je l’ai vu courir sur le Trentin […] il va beaucoup mieux que ce que l’on dit ». Dans une course d’endurance qui promet d’être indécise jusqu’à l’ultime week-end, Scarponi estime qu’Ivan Basso a toutes ses chances. Si le discours reste cohérent, on sent dans les propos du leader une volonté de se débarrasser d’une certaine pression. Pourtant de par la force du nombre, les leaders italiens qui pourront s’appuyer sur une équipe solide ont toutes les chances de contrôler la course, tels Basso et Nibali en 2010. Avec quel coureur dans le rôle du vainqueur ? La course parlera. Et rapidement, le meilleur devra compter sur le service de l’autre.

Adrien Picard

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