Sylvain Georges « Il n’est jamais trop tard pour passer pro ! »

Alors qu’il vit actuellement sa première saison au niveau World Tour, Sylvain Georges s’est confié à l’oreille attentive de la Chronique du Vélo, livrant sa vision éclairée et réaliste de l’environnement de l’équipe AG2R et de son évolution personnelle au sein du peloton. Un entretien dont on retiendra cette phrase : « Passer pro est difficile, mais rester dans le milieu professionnel est encore plus difficile car il faut continuer à progresser ». 

Chronique du vélo : Salut Sylvain, après ta belle dernière saison chez BigMat, tu es rentré logiquement dans le gratin mondial cette année, dans l’équipe de Vincent Lavenu (AG2R), comment tout ça s’est déroulé ?

Sylvain Georges : Après les championnats de France, Vincent m’a contacté pour savoir si je voulais changer d’équipe l’année prochaine. Je lui ai dit que j’attendais de voir si BigMat montait en seconde division pour donner ma réponse à Vincent. Après de longues discutions avec Stéphane Javalet, concernant l’avenir de l’équipe en troisième division, j’ai choisis de donner mon accord début août pour AG2R La Mondiale.

CDV : Est-ce que tu t’es bien intégré au monde du World Tour ? De plus, est-ce que le passage de « semi-pro (BigMat) » à pro, est aussi difficile que le passage d’amateur à pro ? Et pourquoi, explique nous un peu ce qui change ?

S.G : BigMat est une équipe pro à part entière et elle n’est pas « semi pro ». Ça n’existe pas ce statut. Pour le World Tour, je n’ai fait aucune course encore à ce niveau, donc il m’est difficile de dire pour le moment ce que je ressens. Pour l’instant, je ne vois aucune différence entre le passage de BigMat à AG2R, vu que je fais les mêmes courses. Par contre, il y a un grand écart entre le monde amateur et le monde pro !

CDV : Les temps sont-ils difficiles en ce moment chez AG2R, qui connait toujours cette difficulté à remporter des courses, malgré la présence de très bons coureurs dans l’équipe ?

S.G : Il est certain que ça serait plus simple d’avoir déjà des victoires dans l’équipe. Nous travaillons tous dur pour décrocher ce premier sésame. Que ça soit le staff, les dirigeants, les coureurs, on est tous dans le même bain. Pour l’instant, nous avons beaucoup de places d’honneur, mais la meilleure reste la première… (rires). Nous avons foi en notre équipe car nous faisons notre maximum en progressant à chaque course. Maintenant, il nous manque le petit coup de chance qui fera de nous le prochain vainqueur. Bientôt…

CDV : L’ambiance y reste toujours bonne, donc ? Comment le groupe fonctionne t’il ? (Y’a t’il des hiérarchies entre coureurs ? Et toi, quel est réellement ton statut au sein de l’équipe ?

S.G : L’ambiance est bonne mais sérieuse, on est là pour gagner ! Comme dans toutes les équipes pros, il y a une hiérarchie au niveau des coureurs. Elle se constate surtout au niveau des palmarès de chacun. Nous avons des leaders et des équipiers. Chacun connait son boulot, à nous de tout mettre en œuvre pour que le leader arrive le plus frais pour gagner. Mon statut pour le moment est de travailler pour le groupe afin de récupérer une condition physique qui me permettra de jouer la victoire sur certaines courses. J’ai pris pas mal de retard sur ma condition suite à différents soucis de santé. Mais je suis sur la bonne voie et ma condition va de mieux en mieux. J’espère pouvoir m’exprimer très bientôt.

CDV : Quel est ton avis sur le cyclisme auvergnat, d’où tu viens, avec la présence en professionnels de Bardet, Vachon, Monier, Tulik, Laborie… ? T’entraines tu souven en Auvergne ?

S.G : Il y a eu de très bons coureurs en Auvergne, mais pas un n’a été formé dans notre région. Tous sont partis loin pour mener de front, les études et le vélo à haut niveau. Ceci est fort dommage, mais c’est ainsi. J’adore ma région, elle est vraiment adaptée à mon métier. Il y a de grandes plaines pour l’hiver et de nombreux cols pour la belle saison !

CDV : Comment fait-on pour avoir des sponsors personnels (Ekoi, pour toi) ? C’est vous qui démarchez où ce sont les marques qui viennent vers vous ?

S.G : Pour les sponsors, le palmarès aide pas mal. Après, personnellement j’ai un agent qui gère ma carrière et qui s’occupe de tous mes contrats. Il m’est difficile de m’occuper de tout avec l’emploi du temps quelque peu chargé que j’ai. Une fois que vous avez un partenaire, vous ne pouvez porter autre chose que ça marque, ce qui est normal. Moi je suis content de mes partenaires ! (rires)

CDV : Ês-tu satisfait de ton début de saison ? Et quel est ton programme pour la suite ? Participeras-tu à un grand tour (tu es dans la pré-liste pour le Giro) ?

S.G : Pour ce qui est de mon début de saison, je ne suis pas satisfait de moi mais malheureusement, je ne peux rien y faire puisque la santé ne se commande pas. Depuis l’Argentine, jai enchaîné les soucis. Mais depuis un mois, je touche du bois, je suis en pleine forme et je peux m’entraîner correctement, afin de retrouver une condition compétitive et un poids de forme me permettant de rivaliser dans la montagne. Je suis plus un remplaçant pour le Giro. Pour le moment nous n’avons pas parlé de grands tours, j’attends d’avoir des résultats pour en parler avec l’équipe !

CDV : Quels types de courses te plaisent le plus ? Tu es plutôt un puncheur non ?

S.G : J’affectionne particulièrement les courses usantes avec des montées qui se succèdent comme les courses ardennaises que j’adorerais faire. Je ne suis pas un vrai grimpeur qui affectionne les cols de 20 km mais, jusqu’à 10 km je m’en sors. De plus, sur un groupe d’une quarantaine d’unités j’arrive à bien sprinter pour jouer la gagne. Je suis donc assez complet ! (rires)

CDV : Comment êtees-tu arrivé au vélo ? Qu’aimes-tu dans ce sport ? Tu es apparu dans le monde pro un peu sur le tard a cause de tes études, c’était un choix personnel pour ta future reconversion ? Ne regrettes-tu pas d’avoir gâché quelques années pros supplémentaires ?

S.G : Je suis venu au vélo par hasard, car je viens du karaté. A 16 ans je faisait surtout du VTT, et à 19 ans je me suis mis à la route pour le plaisir, et les bons résultats se sont enchaînés. Je ne regrette pas d’avoir commencé ma carrière pro tard, car j’ai eu d’autres projets en tête plus tôt. Pour moi passer pro n’était pas un rêve quand j’étais jeune. Je me voyais plutôt comme un « tueur de la vente » dans un garage. Je voulais d’abord mener mes études, mon job et après on verra me disais-je. Il n’est jamais trop tard pour passer pro ! Alors pour tous les jeunes, prenez votre temps !

CDV : Pour devenir pro , il faut quand même avoir un certain don, non ? Car c’est dur de devenir cycliste pro ! Il faut vraiment cravacher pour arriver là…

S.G : Un don je sais pas, ce qui est sûr, c’est qu’il faut travailler et que les victoires ne se font pas sans sacrifices, sans efforts. Le coureur qui ne bosse pas ne gagnera pas, ne marchera jamais ! Passer pro est difficile, mais rester dans le milieu professionnel est encore plus difficile car il faut continuer à progresser. Perso je sais que j’ai encore une belle marge de progression du fait que j’ai commencé sur le tard et mon équipe le sait. C’est pourquoi elle fait tout pour que je progresse dans de bonnes conditions afin d’être encore plus fort que par le passé. Mon entraineur et ami Nicolas Ollier, du pôle espoir du limousin, gère mes entrainements et s’emploie pour que je progresse vite !

Merci à toi, pour cette interview, et vivement cette première victoire d’AG2R, qui nous débloquerait un peu, tous. Personnellement, j’espère faire de bonnes places avant la fin de l’année, et pourquoi glaner une victoire  ! (rires)

Interview réalisée par Alexis Rose

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