BMC, les yeux plus gros que le ventre ?

En fin de saison dernière, l’équipe suisse annonçait le recrutement du n°1 mondial, Philippe Gilbert et du Norvégien Thor Hushovd. Comptant déjà dans ses rangs le vainqueur du dernier Tour de France Cadel Evans, elle se présentait comme la meilleure équipe du peloton. Et depuis, les résultats sont décevants…

Philippe Gilbert, des résultats pas à la hauteur de ses objectifs

L’an dernier, le Belge surclassait le gratin mondial dès que les courses affichaient un profil valloné. Pas moins de 16 bouquets et le doublé lors de son championnat national ! Et ses victoires sont prestigieuses ! Un fabuleux triplé lors des classiques ardennaises, une étape du Tour de France, la Classsica San Sebastian ou encore le Grand Prix de Québec. C’est donc logiquement qu’il remportait le Vélo d’Or 2011. En fin de saison, les deux sponsors de l’équipe Omega Pharma Lotto décident de se séparer. Evidemment, les deux parties réclament leur star. Mais d’autres formations, comme Astana, sont intéressé par le Belge. Finalement, le vainqueur de l’Amstel 2010 signe chez BMC, l’équipe de John Lelangue.

Pour cette année 2012, sont donc encore très élevé. Il savait que faire aussi bien qu’en 2011 serait impossible mais voulait tout de même briller et remporter un second Vélo d’Or. Seulement, un retard sur sa préparation et il se retrouve hors du coup lors de Milan-San-Remo où il termine à une anecdotique 87ème place. Très loin de sa troisième place de l’an passé. Lors des flandriennes, courses sur lesquelles il est souvent à l’aise, il déçoit aussi, en terminant toujours au-delà de la 30ème place. Il ne participe même pas à Paris-Roubaix, pour se concentrer sur les Ardennaises, son principal objectif de la saison. Lors de l’Amstel et de la Flèche Wallonne, il est un peu court lors des montées finales que sont le Cauberg et le Mur du Huy, il termine respectivement à la 6ème puis à la 3ème place, son premier podium de la saison. Il est alors très attendu sur  Liège-Bastogne-Liège, où il est annoncé comme le grand favori. Le leader de la BMC assume bien son statut jusqu’à la côte de St Nicolas où il craque complètement, pour terminer hors du Top 10. On l’attendra maintenant sur les premières étapes du Tour, sur les Jeux Olympiques et les Championnats du Monde. Mais jusqu’ici c’est sur, ce n’était pas le vrai Philippe Gilbert.

Thor Hushovd, invisible depuis le début de la saison

Lui aussi, il avait réussi une bonne saison 2011. Quatre victoires avec le paletot de champion du monde sur le dos, dont deux sur le Tour de France, et un maillot jaune gardé durant sept jours, sa saison avait été correcte. Mais sur Paris-Roubaix, course sur laquelle il espère chaque année briller, il n’avait terminé que 8e. Une petite déception qu’il souhaitait rectifier dès 2012.

Rejoignant aussi la BMC en fin de saison, c’était donc son principal objectif : briller sur l’Enfer du Nord. Tout en remportant des victoires lors de sprints en petit groupe, n’étant plus capable de l’emporter sur les sprints massifs. Et pour l’instant, ses deux objectifs ont échoués. Il ne faisait pas parti des groupes qui se sont disputés la gagne lors de l’E3 Harelbeke et de Gand-Wevelgem. Et on ne l’a pas vu non plus sur le Tour des Flandres, où les monts sont souvent trop difficiles pour lui. Pour terminer et c’est surement le plus décevant dans tout ça, il n’est pas capable d’accrocher le groupe à la poursuite de Boonen sur Paris-Roubaix, il n’y a terminé que 14e. Pas de victoire, ni de podium pour le Norvégien, l’âge se ferait-il ressentir ?

Cadel Evans, en attente du Tour de France

En 2011, l’Australien a beaucoup impressioné de par ses résultats. Il commençait sa saison en remportant Tirreno-Adriatico et une étape, continuait en remportant le Tour de Romandie, puis accrochait une deuxième place importante sur le Dauphiné. En juillet, il attaquait son objectif principal, le Tour de France. Dans l’ombre d’Andy Schleck et d’Alberto Contador, il débutait ce Tour en position d’outsider. Cependant, l’Espagnol rapidement retardé par une chute et fatigué par le Giro, un mano à mano était attendu entre les frères Schleck et l’ex-champion du monde. Tout s’est joué dans le contre la montre final où Cadel Evans a fait un excellent temps et ainsi remporté brillamment son premier Tour de France après avoir très bien resisté en haute montagne.

Avec le recrutement de deux nouveaux excellents coureurs dans l’équipe, le lauréat de la Flèche Wallonne 2010 n’est plus le leader incontesté de l’équipe. Mais il le répète depuis le début de la saison, son objectif est de conserver son titre sur le Tour de France. Pourtant, on l’attendait autre part. Notamment sur le Tirreno-Adriatico, la course des deux mers. Il était le tenant du titre et le parcours lui convenait bien. Que nenni, il flanche complètement sur l’étape de montagne et termine 32ème au classement général. Il se rattrappe quelques semaines plus tard en remportant le Critérium International, avec une victoire sur le prologue. Mais lors des Ardennaises, il abandonne sur l’Amstel et ne participe pas aux deux suivantes. Il se présente ensuite sur le Tour de Romandie, où il est aussi le tenant du titre. Et il termine encore une fois à une anonyme 29ème place. Le cas de Cadel Evans est moins grave que ceux de ses coéquipiers, mais lui aussi ne rassure pas en vue du Tour !

Et le reste de l’équipe ?

Dans cette équipe de gros bras, difficile de se faire une place pour de bons coureurs tels que Tejay Van Garderen, Greg Van Avermaet ou encore Alessandro Ballan. Mais eux non plus, ils n’ont que peu gagné. L’Américain termine 5ème de Paris-Nice, un bon bilan, mais assez léger par rapport à ses espérances. Quand à Greg Van Avermaet, on a pu le voir souvent aux avants postes lors des Ardennaises, mais il a toujours manqué de force en fin de course, ce qui fait qu’il n’a aucun résultat significatif depuis le début de la saison.

Pour Ballan, le cas est différent. Il a lui réussi son début de saison. Avec une victoire sur le Tour de Toscane et surtout deux troisièmes places sur le Tour des Flandres puis Paris-Roubaix, il réalise ses meilleures performances depuis plusieurs années sur les Flandriennes. Lors du Ronde, il était sans doute plus fort que Boonen, mais n’a pas réussi à le distancer dans le Paterberg. Sur Paris-Roubaix, il arache la troisième place au sprint, perdant la seconde pour un demi millimètre au profit de Sébastien Turgot. Il reste néanmoins l’arbre qui cache la forêt de cette équipe BMC décevante …

Emile

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