Place au Giro #11 – Ryder Hesjedal prêt à en découdre

 

Très largement mésestimé, Ryder Hesjedal, prendra le départ de son 3e Tour d’Italie sans la moindre pancarte. Souvent oublié par les pronostiqueurs qui doutent de sa capacité à rééditer la performance qui fut la sienne lors du Tour de France 2010, le canadien devra prouver que sa faculté à tenir sur trois semaines n’aura pas été l’éclair éphémère d’un été particulier. Pour l’entourer, une solide équipe Garmin sera mise à sa disposition, malgré l’absence regrettable de Thomas Dekker, blessé.

Un profil inadapté ?

Les cols du Tour d’Italie, généralement très pentus, ne conviennent pas aux coureurs de grande taille comme peuvent l’être Ryder Hesjedal ou Roman Kreuziger. Ici seront avantagés les petits aux poids plumes tels que Johan Gadret (3e l’an dernier) ou Rigoberto Uran (leader de Sky). Les cols longs et roulants semblent en effet mieux convenir au robuste bucheron de Colombie-Britannique. Malgré cela, quelques éléments plaident en sa faveur : Ryder est devenu un puncheur de bon niveau, ce qui semble contradictoire avec sa carrure mais devrait lui permettre de s’adapter correctement aux ascensions transalpines. Il est également en grande condition, comme le prouve sa 9e place dans un Liège-Bastogne-Liège compliqué qui mit rudement à l’épreuve de nombreux favoris. La difficulté abaissée du parcours est un autre point positif pour Hesjedal, qui devra se montrer régulier tout au long de la 3e semaine de course. Souvent sujet aux « jours sans » ces dix-huit derniers mois, il manque cruellement de régularité et peine à confirmer sa formidable saison 2010, celle qui l’avait amené au 7e rang mondial.

Et même changeant…

Autrefois, Ryder Hesjedal était surtout considéré comme un rouleur capable de grimper occasionnellement. Mais sa fulgurante progression en montagne s’est accompagnée d’un net déclin dans l’exercice du contre-la-montre… Alors que cette force lui permettait de gratter des places auparavant (A Bordeaux sur le Tour 2010, il passa du 9e au 7e rang grâce aux 52 kilomètres d’effort solitaire au programme)  il n’est désormais plus capable de réaliser des chronos décents, et termine régulièrement très loin de coureurs qu’il devançait facilement autrefois. Certes sur le Giro être bon rouleur n’est pas une arme indispensable, mais cette carence pourrait lui couter des places au final, là où l’ancien Hesjedal en aurait gagné.

Qu’attendre de lui finalement ?

Concrètement,  à moins d’un fait de course majeur, il est incapable d’accrocher le podium à Milan. En fonction du déroulement des opérations, il pourrait toutefois rentrer dans le Top 10, probablement entre la 4e et la 7e place. Si jamais ses espoirs de bon classement général venaient à s’envoler, il se montrerait offensif et essaierait de décrocher une victoire d’étape, comme sur la Grande Boucle 2011, où, après avoir été décroché dans les Pyrénées, il s’était montré très offensif dans les Alpes, avec un gros travail et une belle place d’honneur lors du succès de Thor Hushovd dans la 16e étape, et un classement final honorable.

Louis Rivas

Suivre @ChroniqueDuVelo

Publicités

Un commentaire sur “Place au Giro #11 – Ryder Hesjedal prêt à en découdre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s