Place au Giro #12 – Les chances françaises

Ils seront 13 français à prendre le départ du Giro ce samedi à Herning. Avec seulement deux équipes françaises présentes et quelques coureurs éparpillés dans d’autres formations étrangères, tout pourrait porter à croire que les tricolores ne seront que très peu en vue tout au long de l’épreuve. Pourtant, la Chronique du Vélo étudie aujourd’hui les chances françaises lors du premier grand tour de l’année 2012, bien plus nombreuses que prévues.

Jouer le général n’est plus une fantaisie

Quel passionné aurait cru un instant que deux français se classeraient 4° au général d’un Grand tour lors de l’exercice précédent ? Après déclassement de Contador, John Gadret retrouve même la dernière marche du podium sur le Giro.
Depuis la paire Virenque/Jalabert, le cyclisme français semblait se perdre et cherchait désespérément – mais surtout en vain – un nouveau grand leader de courses par étapes, potentiel vainqueur de Grand Tour. 2011 marque la révolte des coureurs français qui sont de retour aux places d’honneur du classement général. Pourtant éclipsé par le brillant Tour de Thomas Voeckler, c’est John Gadret qui amorçait cette tendance dans les cols italiens l’an passé.

Vainqueur d’une étape et constamment parmi les meilleurs en montagne, il est le plus régulier derrière le trio qui se dispute le podium, dont il échoue au pied, 4°. S’il est monté sur le podium à la suite du déclassement du vainqueur espagnol, John Gadret a toutes les chances d’y monter sportivement cette fois, à Milan.
Son équipe, AG2R la mondiale, ne s’en cache pas : elle joue le classement général pour ses leaders. Ses leaders, puisque John Gadret forme un remarquable duo avec Hubert Dupont. Lui aussi toujours dans le coup lors des étapes difficiles, l’autre grimpeur de la formation jouera sa carte pour le classement général, tout en aidant Gadret dès que la route s’élèvera, pour amener son coéquipier le plus loin possible. L’équipe Savoyarde présente ce week-end au Danemark une équipe construite autour de ses deux leaders, avec pour seule ambition d’aller le plus haut possible. Et au départ d’une épreuve qui ne trouve pas de grandissimes favoris, elle a bien raison de vouloir jouer le coup à fond.

Le sprint nouvelle génération

A contrario d’AG2R, l’autre équipe tricolore, la FDJ, présente elle une formation tournée vers son sprinteur. Il faut dire qu’elle tient la un phénomène, le jeune Arnaud Démare. A tout juste 20 ans, le champion du monde espoir en titre prend le départ de son premier Grand Tour, loin de ses terres pour échapper à toute pression négative. Comblé par sa pépite, Marc Madiot assure avoir une confiance totale en son jeune coureur, et a choisi de bâtir son équipe autour de lui, pour l’aider au mieux dans l’emballage final. S’il n’a jamais été question de terminer à Milan puisque la troisième semaine ne représenterait pour lui aucun intérêt, Arnaud Démare compte bien se mesurer aux plus forts à chaque occasion d’en découdre. Un challenge qui n’effraie en rien le jeune sprinteur. Entouré au mieux par Mourey, Rasch, Rollin, Soupe puis dans les derniers kilomètres par Delage et Bonnet et dans une équipe qui jouera sa carte dans les deux premières semaines, il y a toutes les raisons d’espérer le français performant dans un tel baptême de feu.
Car le jeune français sait gagner, comme il l’a prouvé à 4 reprises depuis le début de saison. Cependant, il aura cette fois face à lui une concurrence toute autre. Dans les emballages finaux, il retrouvera sans doute à ses côtés les Cavendish, Farrar, Hushovd, Goss, Chicchi, Bennati, Renshaw, Modolo, Guardini, Haedo et autres Bos…

Mais aussi son compatriote, Romain Feillu. Le pensionnaire de Vacansoleil espère tirer un trait sur un début de saison poussif ou il ne s’est jamais vu couper la ligne le premier, en Italie. Pour se faire, il pourra compter sur son statut de sprinteur désigné de l’équipe. Cependant, l’ainé de Brice a toujours préféré se débrouiller seul à l’approche de l’arrivée. Collectionneur de placettes sur la Grande Boucle l’an passé, il espère trouver l’ouverture sur ce Giro pour jouer la gagne. Les occasions ne manqueront pas tout au long des deux premières semaines de courses et certaines arrivées lui conviennent bien mieux que certains sprinteurs, incapables de passer les côtes. Dans les étapes escarpées, Romain Feillu peut alors espérer tenir la dragée haute aux cadors de la dernière ligne droite.

Attaquer, une question d’habitude

Pour autant, les coureurs français ne se contenteront certainement pas de suivre pendant 21 étapes. Une fois la course de leur sprinteur terminée (probablement à l’aube de la première grosse étape de montagne), les coureurs de la FDJ auront carte blanche. Le chef de file, Sandy Casar, ne vise pas particulièrement un classement final à Milan. Le multiple vainqueur d’étapes sur le Tour de France préfère cocher certaines étapes. Baroudeur par excellence, il aura l’occasion de tenter de loin en dernière semaine, durant les étapes trop peu difficiles pour assister à une lutte entre favoris. Il ne restera alors plus d’équipes de sprinteurs pour mener la chasse derrière une échappée qui filera assurément au bout si elle ne comprend aucun coureur dangereux. Ils seront nombreux à espérer passer la journée devant, mais nul doute que Sandy Casar saura y gagner sa place. Fort d’une bonne petite pointe de vitesse, le baroudeur peut devenir finisseur en Italie.

Dans le même registre, on imagine que la formation AG2R laissera ses hommes tenter les échappées de ces étapes propices à une explication entre baroudeurs. Les Bonnafond, Perget ou même Dupont voire Gadret s’ils sont distancés au général peuvent obtenir un bon de sortie dans les étapes les plus difficiles pour espérer anticiper la bagarre finale entre costaud.
Une évidence s’impose alors, les attaquants auront assurément la part belle dans ce Giro. De nombreuses étapes leur semblent promises, et les coureurs français ont toujours démontré ces dernières années une certaine volonté à tenter le bon coup.

Que ce soit dans la quête d’un classement général honorifique voire d’un podium ou dans la quête d’étapes disputées au sprint comme entre échappés, les français auront donc plusieurs cartes à abattre durant les 3 semaines de course que nous offre le Giro. Avec comme tête d’affiche Gadret, Dupont, Démare, Feillu et Casar, les Français seront donc bien compétitifs en Italie.

Adrien Picard

Publicités

Un commentaire sur “Place au Giro #12 – Les chances françaises

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s