Place au Giro #14 – Le parcours en détails

L’an passé, le parcours du Giro a fait couler beaucoup d’encre. Jugé inhumain et dangereux, Angelo Zomegnan en a perdu sa place. « Plus humain », c’est le terme le plus fréquemment employé par les médias, pour décrire un Giro qui « redescendrait sur terre ». Place à l’étude en détails du parcours, qui nous révèle pourtant une édition piégeuse et difficile, non sans rappeler celle de 2010.

Truffées de pièges

C’est le terme pour décrire les premières étapes. On s’aperçoit là encore d’une volonté de Michele Acquarone de retrouver une course similaire à 2010, qui avait vu triompher Ivan Basso. Comme il y a deux ans, le Giro part du nord, cette année du Danemark. Dans le vent, les leaders devront rester lucides et concentrés du départ à l’arrivée pour ne pas se retrouver piégés. Focus sur les trois premières étapes.

Étape 1  : 8.7km ITT

Contre la montre individuel sans relief dans les rues d’Herning. 8.7Km, pas assez long pour créer des écarts conséquents entre favoris même si les grimpeurs les plus légers devraient souffrir. La victoire se jouera sans doute entre les gros rouleurs que sont Taylor Phinney, Gustav-Erik Larsson, Alex Rasmussen et Geraint Thomas. Cependant, un sprinteur du style de Thor Hushovd pourrait également tirer son épingle du jeu.

Étape 2 : 206km

Première étape en ligne, et première étape piégeuse. Dans le vent, les organismes seront mis à rude épreuve puisque l’on a du mal à croire qu’aucune équipe ne tentera un coup de bordure. Les sprinteurs présents dans le final devront sans doute se disputer la gagne. On pense immédiatement à Mark Cavendish, Tyler Farrar, Matthew Goss, Thor Husvovd, Sacha Modolo et Jacopo Guarnieri, entre autres… Reste à voir s’ils seront tous aptes à disputer le sprint, les adversaires tenteront surement de s’éliminer entre eux en jouant avec les conditions.

Étape 3 : 190km

Toujours au Danemark, le peloton devra à nouveau lutter contre le vent. Comme la veille, un sprint massif semble inévitable, seconde occasion pour les gros bras de faire parler la poudre.

Au sortir du Danemark, certains favoris pourraient donc déjà se retrouver distancés, donc contraints à adopter une attitude offensive tout au long de la course.

Première journée de repos ce mardi et transfert en Italie.

Étape 4 : 32.2km TTT

Place au contre la montre par équipes pour fêter l’arrivée en Italie. Long de 32 kilomètres, ce parcours dans la superbe ville de Vérone pourrait déjà avoir des conséquences. Il donnera une première hiérarchie entre favoris sans même que la course ait prit du relief. Certains coureurs pourraient déjà perdre gros lors de cet exercice si minutieux qu’il est très difficile de réaliser à la perfection. Les leaders devront compter sur les équipes plus que sur eux-mêmes, il sera alors intéressant de faire la liste des forces en présence dans chaque formation.

Étape 5 : 209km

Nouvelle occasion pour les sprinteurs d’en découdre. Des kilomètres sans relief attendent les coureurs jusque dans le dernier quart de la course. Mais les quelques bosses assez courtes et peu difficiles ne devraient pas être suffisantes pour décramponner les gros bras. Les meilleurs seront présents pour se disputer la victoire et l’endurance lors de cette étape sera un facteur important car elle sera longue.
On peut donc espérer y retrouver notre français Arnaud Démare, souvent à l’aise dans ce type d’étapes.

Étape 6 : 210 km

Les choses se corsent un petit peu. Le terrain ne verra aucun favoris attaquer mais le final se révèle suffisamment difficile pour écarter un bon nombre de sprinteurs de la course à la victoire. Reste à définir la physionomie de la course. Les équipes de leaders ont tout intérêt à laisser une échappée peu dangereuse prendre le large et ainsi offrir le maillot rose à un attaquant pour ne pas devoir l’assumer. Pour autant derrière, les équipes de sprinteurs qui peuvent s’accrocher dans le final devraient mener la poursuite. Les Ventoso, Feillu et Goss notamment devraient toujours être présents. Cependant, un groupe de puncheurs peut aussi contrer dans le final pour se disputer la gagne. Un grand nombre de coureurs ont du cocher cette étape, qui sera certainement mouvementée.

Étape 7 : 205km

Première étape de moyenne montagne. Jusqu’ici discrets, les favoris se détacheront dans le final : c’est la première arrivée au sommet, 17km à environ 4.5% de moyenne. Comme dans chaque grand tour, un grand nombre de coureurs devrait former le peloton. Les coureurs sont encore tous frais et sauront entourer au mieux leur leader. Pour autant sur une montée si roulante, pas sur que l’un d’entre eux puisse faire la différence. A moins d’une défaillance spectaculaire, aucun favoris ne devrait perdre de temps. L’an passé dans une étape similaire, De Clerq s’imposait, échappé puis résistant au retour du peloton dans les tous derniers mètres. Un scénario identique est envisageable, et un changement de leader de la course est possible.

Étape 8 : 229km

Les grimpeurs purs ne pourront plus se cacher, ce final leur semble promit. Le colle Mollela, difficulté finale, présente une moyenne de 8.5% sur 6km. S’en suivront 4.3km de plat pour rejoindre l’arrivée. Une telle pente écartera tous les non grimpeurs. Les favoris devraient eux se détacher mais le tronçon plat pour rejoindre l’arrivée permettra difficilement à un homme seul de résister. Ils devraient donc se jouer le gain de l’étape au sprint, à moins qu’une échappée ait prit suffisamment de marge pour résister dans l’ascension et aller au bout.

Étape 9 : 166km

Parcours plat, sans doute théâtre du 4e sprint massif de ce Giro. Cependant l’ultime talus dans le final de l’étape pourrait annihiler tout espoir de victoire de certains sprinteurs.
S’ils seront en théorie prévenu des dangers dans le final sinueux, une chute est si vite arrivée ! Un coup de poker d’un solide coureur dans les derniers hectomètres n’est donc pas improbable. Mais il faudra être très fort, à n’en pas douter.

Étape 10 : 186 km

Cette dixième étape nous offre un final en côte particulier. Les derniers sprinteurs présents auront fort à faire face aux puncheurs qui auront cocher l’étape. Il ne serait pas surprenant par exemple de voir un Giovanni Visconti tenter sa chance ce jour là, tant le final lui convient bien. L’Italien, vainqueur malheureux d’une étape l’an dernier puisque déclassé dans la foulé voudra se rattraper. Ce sera surement sa meilleure occasion. Toutefois, attention au petites cassures qui peuvent se former dans les derniers hectomètres.

Étape 11 : 255km

Une nouvelle fois, difficile de voir la victoire échapper aux ogres de la dernière ligne droite.
Comme lors de la cinquième étape, la petite bosse à quelques kilomètres de l’arrivée pourrait user certains organismes et profiter à des coureurs qui encaisse assez bien ce genre de difficultés. Une nouvelle occasion de briller pour le sprinteur de la FDJ, Arnaud Démare.

Étape 12 : 155km

Une étape courte mais qui devrait mettre à mal certains coureurs. On voit mal le peloton prendre en chasse les échappés du jour, le parcours n’est en rien propice à une bagarre entre favoris mais assez difficile pour faire des dégâts. Selon toutes vraisemblances, l’échappée devrait aller au bout, et ils seront nombreux à vouloir prendre le bon coup. Un outsider distancé au général peut également viser la gagne et se replacer. Le maillot rose peut changer d’épaules.

Étape 13 : 121km

Le calme avant la tempête. C’est certainement la dernière occasion pour les sprinteurs, nul doute que leurs équipes ne manqueront pas de contrôler la course.

Nous arrivons à un tournant de la course. Les deux premières semaines de courses sont passées et la haute montagne se profile enfin. A partir de maintenant, les sprinteurs devraient se retirer, leurs co équipiers non grimpeurs de même. Une nouvelle course commence, celle d’une lutte quasi quotidienne entre favoris. Entre les outsiders distancés qui n’ont plus rien à perdre et les favoris qui vont soudainement endosser le poids de la course, cette ultime semaine s’annonce passionnante.

Étape 14 : 209km

Pour amorcer ce changement brutal, les 140 premiers kilomètres sont tout plats. Puis c’est l’enchainement Joux/Cervinia qui est proposé aux coureurs, pour plus de 2700m de dénivelé positif à eux deux. 21.9km à 5.7% pour le premier, 27.2km à 5.4% pour le second. 49km d’ascension dans les 65 derniers kilomètres. C’est également la première fois que ce Giro passe au dessus des 2000m d’altitude. Plus de place pour les faibles. Ce sont les costauds qui se défieront sur ces pentes. C’est le premier grand rendez vous pour les favoris, entrent alors en scène les Basso, Scarponi, Gadret, Rodriguez, Kreuziger…

Étape 15 : 169km

Veille de l’ultime journée de repos, la dernière remonte même 12 jours auparavant. Pour autant, les organismes devront faire face à l’enchainement de 5 cols dans les 100 derniers kilomètres. L’étape rappelle Val di Fassa l’an passée. Une échappée fleuve avait permit à Nieve de signer le succès de sa carrière et de se rapprocher au général. Un tel scénario peut arriver à nouveau si les favoris tardent à se découvrir et que l’échappée a prit suffisamment d’avance. La montée finale de 7.8km présente un pourcentage moyen de 7.8%. Seul un formidable grimpeur peut espérer l’emporter.

Seconde et dernière journée de repos. Nous sommes à six jours de Milan, les favoris ont entamés la bagarre finale. Au cours de cette dernière semaine intense, les coureurs ne connaitront qu’une journée calme, le Giro se joue maintenant et la moindre inattention se paiera cash.

Étape 16 : 173km

Reprise en douceur. C’est ce que l’on pourrait croire. Il n’en sera rien puisque si l’étape en elle même reste tranquille, le final (4km à 5%) est promit à un puncheur, voire un sprinter / puncheur comme Ventoso. Reste à savoir si l’Espagnol sera toujours présent pour voir rouler la Movistar. En revanche, un puncheur comme Rodriguez a tout intéret à faire rouler son équipe contre les fuyards pour tenter de remporter l’étape. Néanmoins, aucun écart significatif entre favoris ne devraient être creusés, faute d’une pente trop peu sélective.

Étape 17 : 186km

On reprend le combat. Les organismes seront à nouveau mis à mal par un enchainement de quatre cols. Un favori piégé qui n’a plus rien à perdre peut tenter un coup d’anthologie en démarrant de loin. Mais méfiance, car si la grande bagarre commence dès le Passo Duran, il sera compliqué pour beaucoup de rentrer dans les délais. Une étape qui ne comptera que des montées et des descentes, le repos y sera interdit ! Il faudra donc surveiller certains coureurs, à l’aise dans les descentes et qui pourrait créer la surprise.

Étape 18 : 149km

C’est la dernière étape « de transition » de ce Giro. Pour autant, il est difficile d’imaginer qu’il reste encore un sprinteur dans le peloton, une échappée contrôlée de loin a donc toutes ses chances d’aller au bout. Les hommes qui auront quelque peu raté leur Tour d’Italie voudront surement terminer par une bonne note en essayant de gagner la dernière étape accessible avant les deux terribles étapes de montagne qui arrivent, puis le contre la montre de Milan.

Étape 19 : 198km

Nouvel enchainement de cols terrible qui rappelle Val di Fassa 2011. Les terribles pentes italiennes feront à nouveaux des dégâts et un jour sans anéanti tout espoir de bon classement dans une telle étape. Derrière, de nombreux équipiers seront également justes pour entrer dans les délais. La difficulté de cette étape comme il y en a eu d’autres auparavant nous laisse douter du jugement « plus humain » donné par les médias : de par ce genre d’étapes ça ne fait aucun doute, le Giro 2012 reste d’une grande difficulté. Jugez plutôt, 20.5km à 7,4%, 11.6 à 8.8%, 8,7 à 6%, et enfin 7.8km à 9.8%. Telles seront les ascensions proposées. A l’avant veille de Milan, les costauds auront fait les écarts. Si le vainqueur n’est pas déjà connu, le bataille pour la victoire sera sans doute réduite à deux ou trois hommes.

Étape 20 : 219km

Les grimpeurs disposeront là d’un ultime terrain de jeu pour s’exprimer. Si le Mortirolo est terrible – 11.1 kilomètres à 10,7% – le Stelvio n’en reste pas moins le col le plus difficile de cette journée. Après une longue approche par des routes très escarpées, les coureurs affronteront 21,5 interminables kilomètres à 7,1%, pour une arrivée à 2758m… Nous devrions donc connaitre le nom du vainqueur de ce 95e Giro en haut du Stelvio.

Étape 21 : 30,1km ITT

Ultime difficulté pour les coureurs. Cependant, on a du mal à imaginer que la hiérarchie ne soit pas déjà établie sur les toutes premières marches du classement général. Les meilleurs rouleurs peuvent tout de même espérer grappiller quelques places, à l’instar de Roman Kreuziger l’année dernière. La victoire elle, devrait revenir au leader le plus frais.

Adrien Picard

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