Le CLM par équipes continue de faire parler

Cela a souvent fait polémique, que ce soit sur le Tour de France ou le Giro. Et cette année comme souvent, il est au programme du Tour d’Italie dès ce mercredi. Cette épreuve si particulière pourrait déjà faire des dégâts dans le peloton, mettant déjà hors course certains leaders.

L’éternel débat : le CLM par équipes a-t-il sa place ?

L’image de Lance Armstrong remportant ses sept Tours de France en écrasant littéralement les contre-la-montre par équipes avec l’aide de son équipe US Postal est encore dans les mémoires de beaucoup. Alors évidemment, l’Américain ne basait pas uniquement ses victoires sur ces épreuves. Mais, placées en début de grand tour, elles permettaient à l’armada bleue de mettre un coup au moral des adversaires. Jan Ullrich, Joseba Beloki et Alexandre Vinokourov notamment s’en souviennent encore. Avoir une grosse équipe était si avantageux dans ces moments là.

Malheureusement, tout le monde n’a pas les mêmes équipiers que Lance Armstrong durant sa période de règne. Et certains sont chaque années défavorisés sur ces épreuves. Du coup, on est en droit de se demander si cette discipline si spéciale a encore sa place sur les grands tours. C’est en 1927 que l’épreuve a vu le jour sur le Tour de France, où toutes les étapes étaient disputées sous forme de CLM par équipes. Nicolas Frantz même s’il n’était pas du tout le meilleur coureur du peloton, remporta alors la Grande Boucle. En 1928, bis repetita. Henri Desgranges a alors supprimé ces étapes par équipes. Mais alors pourquoi les avoir réintégrer ? Ce n’est plus qu’une étape durant les trois semaines, mais quel intérêt si ce n’est tronquer la lutte pour le classement général ?

Quelles conséquences sur ce Giro ?

On se le demande toujours, et encore plus aujourd’hui, à deux jours de la quatrième étape du Tour d’Italie, qui sera bel et bien un contre-la-montre par équipes de 32 kilomètres. Prenons l’exemple de José Rujano, le leader de l’équipe Androni et qui peut légitimement viser un podium à Milan. Le Vénézuélien a toute une équipe à ses côtés, mais uniquement des grimpeurs. José Serpa, Emmanuelle Sella, Carlos Ochoa, Jackson Rodriguez ou encore Angel Rubiano. Et ce ne sont pas les deux sprinteurs que sont Fabio Felline et Roberto Ferrari qui permettront à l’équipe de limiter la casse.

Cinquième l’an dernier, José Rujano va donc perdre énormément de temps sur certains leaders comme Roman Kreuziger, Michele Scarponi et surtout Ryder Hesjedal, au cœur d’une équipe de gros rouleurs avec Sébastian Rosseler, Jack Bauer, Ramunas Navardauskas, Alex Rasmussen, Christian Vandevelde et lui-même. Tout en sachant que Peter Stetina, Tyler Farrar et Robert Hunter ne sont pas des manches dans le domaine. De grosses différences donc, qui permettront sans aucun doute au Canadien de prendre plusieurs minutes au Vénézuélien, qu’il sera par la suite très difficile de reprendre.

Est-ce donc vraiment utile de mettre dès le début de la course certains coureurs dans des situations très défavorables ? Le contre-la-montre par équipe permet c’est vrai aux collectifs les mieux huiler de montrer leur supériorité et ainsi remporter une victoire partagée dans un sport décrit comme individuel. Mais le plus important sur une course reste le classement général et il se retrouve bien trop souvent tronqué. La polémique ne cessera donc sans doute jamais. Mais c’est une certitude, ce n’est pas forcément la meilleure solution que de maintenir le contre-la-montre par équipes.

Robin Watt

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