Les Grands Tours qui partent de l’étranger, quel intérêt ?

Depuis une dizaine d’années, les Grands Tours démarrent régulièrement hors du pays concerné. Deux exemples en 2012, avec le Giro qui vient de partir de Herning au Danemark et le Tour de France qui partira de Liège. Alors, n’est-ce qu’un coup de pub ou y’a-t-il un réel intérêt pour la course ?

Des parcours plus variés

Le Tour de France est parti de l’étranger en 2002, 2004, 2007 et 2010. Le Giro en 2002, 2006 et 2010. Pour la Vuelta, le fait est moins courant, mis à part un départ au Pays-Bas en 2009. Dans pratiquement tous les cas, il s’agit d’un pays du Nord de l’Europe, et plus particulièrement les Pays-Bas. Terre de cyclisme, le territoire néerlandais affiche des profils de courses très variées, qui peuvent être vallonnés, plats, sujets aux bordures, etc. La Belgique est aussi souvent utilisée comme lieu de départ, pour ses profils qui ressemblent aux classiques printanières.

En 2010, le parcours du Tour de France moins relevé en montagne que d’habitude affichait pour principal difficulté le passage en Belgique, après un départ de Rotterdam. Et du spectacle, il y en a eu. Avec un étape au profil qui ressemble fortement aux classiques ardennaises, l’étape de Spa semblait promise à une petite lutte entre les favoris, mais sans réels écarts. Seulement, la pluie s’y est mêlée. Avec des chutes dans toutes les descentes, la quasi-totalité du peloton a posé pied à terre ! Mais grâce à Fabian Cancellara, le peloton a ralenti, laissant les leaders revenir. Le lendemain, l’étape la plus attendue arrivait à Arenberg, avec 13,2 kilomètres de secteurs pavés. L’un des favoris à la victoire finale, Lance Armstrong, y a perdu beaucoup de temps, Sylvain Chavanel a du y laisser son maillot jaune pour cause d’ennuis techniques et Alberto Contador a concédé plus d’une minute sur deux de ses rivaux, Cadel Evans et Andy Schleck. Au retour en France, les écarts étaient déjà faits, et le spectacle assuré.

La même année, le Giro s’élançait aussi des Pays-Bas. Avec un départ d’Amsterdam, cette fois, et trois étapes passées hors de l’Italie. Ce début de Giro, longeant la côte hollandaise, était très attendu et redouté des favoris à cause des risques de bordures. Après un prologue remporté par Bradley Wiggins, la troisième étape fut très piégieuse. Avec un fort vent de côté, deux cassures se produisent, retardant plusieurs favoris comme Cadel Evans, Damiano Cunego et surtout Bradley Wiggins qui, déjà retardé la veille, était trop loin au classement pour jouer la gagne. Et ce après seulement trois jours de course. Là aussi, le départ des Pays-Bas a ammené du spectacle.

Des raisons économiques

Mais il ne faut pas se voiler la face, les départs de l’étranger ne sont pas donnés seulement pour le spectacle. Tous les ans, des dizaines de propositions de départs sont envoyées à Christian Pruhdomme en ce qui concerne le Tour de France. Pourquoi ? Tout simplement car le départ d’un Grand Tour est une manne financière énorme pour les villes qui l’organisent. Pendant plusieurs jours, le monde afflue et la ville est vue sous tous les angles à la télévision. Pour les villes-étapes, c’est la même chose. Prenons pour exemple Super-Besse, qui n’était qu’une petite station de sports d’hiver et qui a connu en quelques années avec deux passages du Tour de France, un développement exceptionnel.

Mais, en contre partie, et c’est là que le cas est intéressant pour les organisateurs, les villes-départs, surtout si elles se trouvent à l’étranger, doivent payer de fortes sommes d’argent. Souvent, elle sont compensées par l’arrivée de touristes grâce à la publicité, ou l’arrivée de spectateurs qui font marcher les installations commerciales de la ville. Ainsi, l’effet est bénéfique pour tout le monde, et l’organisation en profite. C’est aussi une conséquence de la mondialisation dans le cyclisme. Les Pays-Bas et la Belgique sont depuis longtemps des grandes nations du vélo, mais ce n’était pas le cas de l’Angleterre ou du Danemark, qui se sont plus récemment installés dans la discipline.

Et pour 2012 ?

Le Tour d’Italie 2012 partait dimanche dernier de Herning, au Danemark. Redouté par les favoris au classement général, ce passage n’a en réalité pas creusé d’écarts et le spectacle n’y a pas été exceptionnel. Avec une victoire de Taylor Phinney lors du prologue inaugural, et deux sprints remportés successivement par Cavendish et Goss, c’est un début de Giro classique auquel nous avons pu assister. Mais en même temps, il n’y a pas vraiment d’endroits à exploiter dans cette partie de la Scandinavie. Ni parcours escarpés, ni montagnes, les organisateurs n’avaient pas vraiment la possibilité de faire mieux.

Cet été, le Tour de France s’élancera lui de Liège. Avec un parcours moins difficile qu’en 2011, on assistera à une arrivée intéressante lors de la seconde étape, au sommet d’une bosse de 2 kilomètres à Seraing. Puis, le retour en France s’effectuera par Tournai, avec une étape de sprint. Un détour qui peut être intéressant, mais qui ne créera surement pas d’écarts entre les favoris. On y attendra Philippe Gilbert et Tom Boonen, les deux stars belges du peloton.

Emile

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