N’est-il pas trop tôt pour enterrer Menchov ?

En voilà un qui a totalement disparu des radars ces derniers mois. L’arbitre du duel Schleck/Contador sur le Tour 2010 et accessoirement reconnu comme l’un des meilleurs coureurs par étapes n’a jamais affiché le niveau de performances attendu de lui en 2011. Pour autant, faut-il définitivement bannir Menchov des favoris voir outsiders de grands tours ?

2011, mi figue mi raisin

Bien sur, avant d’émettre un jugement sur la saison du coureur russe, il faut rappeler que toute la préparation hivernale du leader de la Geox s’orientait sur juillet. Mais en début de saison, ASO décide d’abattre la carte nationaliste en préférant Saur Sojasun à l’équipe espagnole, invitant alors quatre écuries françaises. Un choix qui a fait couler beaucoup d’encre. L’occupant de la dernière marche du podium de l’édition 2010 n’aurait alors pas la chance d’améliorer sa performance.
Plus tard, Geox obtiendra pour autant des invitations sur le Giro et la Vuelta.

Naturellement, Menchov se tourne alors vers le Tour d’Italie, tandis que la Vuelta serait son second objectif. C’est donc avec une préparation adaptée en cours de route que le Russe se présente au départ de l’épreuve transalpine. Mais Denis Menchov est incapable de peser sur la course qu’il remportait deux ans auparavant. S’il a un temps fait illusion, laissant croire qu’il serait plus fort en dernière semaine, il reste hors du coup en haute montagne, subit la course et doit se contenter de suivre. Val di Fassa marque la débâcle de l’ancien leader de la Rabobank qui termine loin, bien loin des Contador, Scarponi ou même Gadret. A plus de 2’30 » de l’Espagnol sur cette seule étape, il voit ses dernières chances de podium s’envoler. Au classement général, il se classera finalement 8°, puis 7° après déclassement de Contador. Une place d’honneur qui force le respect tant la couse fut épuisante mais qui reste décevante pour un favori initial.

La fin de saison de Menchov est alors axée sur la Vuelta. Il est là aussi leader de sa formation et cité parmi les favoris pour la victoire finale. Pourtant, Menchov peine lors des deux premières semaines de course. Lors du chrono de la 10° étape, il est même relégué très loin par Tony Martin, passant à côté de son contre-la-montre. Il perd même définitivement le leadership de son équipe Geox lors de la 14° étape, ou Juan José Cobo attaque les leaders lorsque lui en est incapable. Jusqu’ici toujours mieux placé au général, le Bison semblait occuper un rôle d’équipier pour son leader. Mais les plans de l’équipe se voient totalement remis en cause par cette montée de la Farrapona.
Le lendemain, Juan José Cobo va alors effacer toute ambigüité en s’emparant du maillot rouge, acquis de par une démonstration de force dans le terrible Angliru. Menchov est lui brillant troisième de l’étape mais dit adieu à ses ambitions de victoire. Il finira la course en cinquième position, et Juan José Cobo remporte la Vuelta. Une nouvelle fois, il est difficile de lui jeter la pierre après une telle place d’honneur alors qu’il a fini la course au service de son leader. Cependant, Menchov a perdu de son grade en 2011, incapable de monter sur le podium d’un grand tour.

Et maintenant ?

Le feuilleton Geox se soldant par l’arrêt de la structure, Menchov s’oriente vers la Katusha qui lui faisait déjà du pied par le passé. Totalement éclipsé par cette saison en demie teinte et dans l’ombre du sacre de Juan José Cobo, c’est presque dans l’anonymat que Denis Menchov prépare cette nouvelle saison. Il est même oublié des médias lorsque l’on dresse une liste des futurs protagonistes du Tour. Mais n’est-il pas trop tôt pour enterrer Menchov ?

A 34 ans, il reste un rêve dans les pensées du coureur de la Katusha. Lauréat du Tour d’Italie et, par deux fois, de la Vuelta, seul le Tour de France lui résiste. Il n’est d’ailleurs monté qu’à une seule reprise sur le podium des champs Élysées. En 2008, il sera 3° après déclassement de Kohl. En 2010, c’est sur cette même troisième marche du podium qu’il grimpe mais sera classé second après le déclassement d’Alberto Contador. Après avoir ainsi connu les deux dernières marches du podium, Denis Menchov n’a plus qu’une ambition : connaitre la victoire à Paris, pour entrer dans le cercle très fermé de ces coureurs qui ont gagné les trois grands tours.

Et les raisons d’y croire sont nombreuses. Si sa saison 2011 peut paraitre décevante, il a tout de même collectionné les places d’honneur sur des courses auxquelles il n’aurait pas du participer selon ses plans initiaux. Mieux, il est le seul parmi ceux qui ont doublé Giro et Vuelta à ne pas flancher en troisième semaine de la course ibère, terminant même bien mieux qu’il n’avait débuté.
De plus, il prépare son objectif sans aucune pression médiatique, qui se concentre sur Evans, Wiggins et Andy Schleck. Denis Menchov ne doit en aucun cas avoir peur de ces noms là. En 2010, il se pose en arbitre du duel Schleck/Contador, auteur d’un très bon contre-la-montre final à Pauillac.
Le parcours de cette édition 2012 lui convient à merveille avec plus de 100 km d’effort individuel. Dans cette discipline, nul doute que le Russe ne se situera pas loin des Cadel Evans et Bradley Wiggins. Il a donc une excellente carte à jouer dans cette course au jaune qui s’annonce plus que jamais ouverte en l’absence de Contador et donc d’un ultra favori. Face au vieillissant Evans, au piètre rouleur Schleck et au limité Wiggins lorsque la route s’élèvera, ce Tour ressemble donc à la dernière chance de Denis Menchov.

S’il ne sera pas forcément attendu par tout le monde en juillet, nul doute que Denis Menchov saura nous prouver qu’il est encore trop tôt pour le dire cramé …

Adrien Picard

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