Celle-là, Tiralongo se l’est offerte lui-même

C’était une première étape sérieuse où les favoris étaient attendus. Ils ont répondu présent. Et si personne n’a véritablement perdu de temps, certains comme Michele Scarponi se sont en partie dévoilés. On sait sur qui l’on doit compter pour la suite de la course rose.

L’étape s’annonçait usante. Longue et se terminant par l’ascension du Rocca di Cambio. Le col n’est certes pas le plus redoutable des montagnes italiennes mais les 19 kilomètres à 4 % de moyenne ont fait des dégâts. Des coureurs éparpillés, de nombreuses attaques et des leaders qui se sont découverts, la victoire d’étape revient au surprenant Paolo Tiralongo, vainqueur pour la deuxième fois en deux ans sur les routes du Giro. Ryder Hesjedal, nouveau maillot rose, peut enfin savourer un plaisir qui pourrait durer.

Il aura fallu attendre Garmin…

Garmin fait véritablement le yoyo dans ce Giro. Après l’étape magnifique du contre-la-montre par équipes conclue par la victoire, le maillot rose et le placement idéal de Ryder Hesjedal au général, les hommes de Jonathan Vaughters ont vécu un véritable cauchemar hier avec l’abandon de Tyler Farrar et le maillot rose de Navardauskas parti sur les épaules d’Adriano Malori. La formation américaine voulait donc se rattraper aujourd’hui, c’est chose faite ! Sans eux, les échappées auraient probablement pu se disputer la victoire d’étape.

Les Lampre ont longtemps roulé seuls avant que vienne l’aide des Katusha. Mais l’écart ne baissait pas assez rapidement avec les quatre fuyards qu’étaient Beppu, Hollenstein, Selvaggi et Rabottini. C’est seulement à 35 kilomètres du final, alors que l’avance des échappée était encore de près de 5 minutes que les coéquipiers de Peter Stetina se sont mis à rouler. L’écart a immédiatement fondu, les hommes de tête devant concéder 2 minutes en 8 kilomètres.

Androni dynamite, comme d’habitude

Dès le pied du col, une partie des échappées sont repris, seul Rabottini résiste. Certains coureurs dont Pirazzi et Herrada tentent de s’échapper et prennent une trentaine de secondes d’avance. Derrière, c’est comme on s’y attendait les coureurs d’Androni qui lancent les hostilités plus sérieuses. Emmanuelle Sella place une première banderille à 11 kilomètres du but. Cunego répond illico presto, José Rujano contre, tous les leaders recollent. Aucun écart entre les leaders n’est à constater à ce moment de la course, mais la tension est palpable. Carlos Ochoa en profite pour remettre une petite attaque et user encore un peu plus les équipiers des autres leaders.

Devant, la bataille continue : Pirazzi tente de lâcher Herrada qui ne collabore pas pleinement. Mais l’Espagnol semble assez frais et reste dans la roue du coureur de Colnago. Dans le même temps, Astana prend les commandes du peloton et imprime un gros rythme qui diminue fortement l’avance des hommes de tête. Mais Pirazzi et Herrada continuent d’y croire et tentent tout. Un coup de théâtre survient alors à 1,2 kilomètre de la ligne : l’Italien manque son virage et voit Herrada l’attaquer. Mais c’est trop tard, les leaders sont là et vont se disputer la victoire.

Scarponi s’envole… un peu trop tôt

Dans le dernier kilomètre et ses pentes terrifiantes, Michele Scarponi sort du groupe de favoris et semble s’envoler. Un seul coureur parvient à le suivre, Paolo Tiralongo. Le vainqueur du Giro 2011 fait toute la montée avec un mètre d’avance avant de se faire sauter à quelques mètres de la ligne après un sprint exceptionnel de Tiralongo. Vainqueur d’une étape l’an dernier grâce à la bonté d’Alberto Contador, il ne doit cette fois rien à personne. A 34 ans, l’actuel équipier de Roman Kreuziger réalise quelque chose de grand. Pour preuve, une fois la ligne franchit, l’Italien s’écroule par terre pour récupérer de son effort.

Cependant, si Scarponi peut être déçu de ne pas avoir levé les bras aujourd’hui, il a marqué les esprits et montré à tous les autres favoris qu’il était bien présent, et pour gagner ! Ryder Hesjedal récupère pour sa part le maillot rose comme on l’attendait. Il devance au général le vainqueur du jour Paolo Tiralongo et Joaquim Rodriguez. Le reste du classement prend forme avec les favoris. Roman Kreuziger est septième, Ivan Basso huitième et Frank Schleck douzième. De quoi se projeter dans l’étape de demain, qui on l’espère sera aussi passionnante.

Robin Watt

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