Retour sur une semaine agitée

Elle devait offrir des surprises et établir une première hiérarchie entre favoris. Aucun d’entre eux n’a encore levé les bras sur la ligne d’arrivée, la faute à des outsiders bien présents. Ce début de Giro n’a donc absolument pas déçu, il a même passionné. Retour sur une première semaine de Giro agitée et riche en spectacle.

Les premiers pièges évités

« J’ai moins peur du Stelvio que du Danemark ». Cette phrase d’Hubert Dupont illustre parfaitement la crainte des premières étapes pour tous les grimpeurs. Tous, sans exception, n’avait qu’un objectif avant de rallier l’Italie : perdre le moins de temps possible. Finalement, les seuls écarts creusés seront ceux du prologue. Le vent tant redouté n’aura pas assez pesé sur la course pour former les bordures fatales aux grimpeurs. Mieux, les coureurs cités dans la course au rose ont su éviter les nombreuses chutes dans les finals nerveux. Pour tous les favoris, le bilan de ces trois premières étapes est donc positif, un « ouf » de soulagement.

Arrivait alors le contre la montre par équipes après la première journée de repos. Sans surprise, la Garmin s’imposait. Katusha créait la sensation en prenant la seconde place. La première hiérarchie était formée et toutes les armadas se tiennent en peu de temps. Seules Androni, AG2R et Euskaltel sont reléguées bien loin de la formation de Jonathan Vaughters. Ces premiers rendez-vous n’ont donc amputé les chances d’aucun leader, chacun trouvant sa place de par les épreuves chronométrées.

Premières pentes, premiers indicateurs

Ce vendredi, les choses se corsaient sur les Strade Bianche. Une étape promise aux baroudeurs mais qui pouvait anéantir toute ambition de classement général en cas de soucis mécaniques ou de jour sans. Sur un parcours aussi usant, n’importe qui pouvait connaitre une journée galère, comme la Liquigas en avait fait l’amère expérience en 2010, sous la pluie. Mais il n’en fut rien et aucun favori n’a été piégé.
Aujourd’hui même, c’était la première arrivée au sommet qui s’offrait aux coureurs. Une étape qui pouvait paraitre « amuse gueule » au vu de la dernière semaine de course mais qui a offert bien plus de spectacle que prévu.

La victoire acquise dans les tous derniers mètres par Paolo Tiralongo nous offre en effet bien plus de réponses que l’on en attendait de cette montée. Après une semaine de course, il est temps de faire un premier tour d’horizon des favoris.

Classement général (après 7 étapes)

1. Ryder Hesjedal
2.  Paolo Tiralongo +15
3. Joaquim Rodriguez Olivier +17″
4.  Christian Vandevelde +21
5.  Peter Stetina +26″
6. Daniel Moreno +26″
7. Roman Kreuziger +35″
8. Ivan Basso +40″
9.  Giampaolo Caruso +45
10. Dario Cataldo +46″

12. Frank Schleck +48″
13. Benat Intxausti +51″
15.  Rigoberto Uran +53″
16. Michele Scarponi +54″
22. Sergio Luis Henao +1’10 »
24. Damiano Cunego +1’14 »
38. Domenico Pozzovivo +1’42 »
45. Sandy Casar +1’53 »
53. John Gadret +2’38 »
54. José Rujano +2’39 »
58. Hubert Dupont +3’13 »
59. Mikel Nieve +3’18 »

Aujourd’hui, Michele Scarponi est le premier leader au classement de l’étape. En attaquant aux 500m, il a envoyé un signal fort à ses adversaires, se posant en favori pour sa propre succession et pouvoir ainsi recevoir – cette fois – les honneurs du vainqueur à Milan.

Derrière, Frank Schleck prend la troisième position de l’étape. Il reste tout de même difficile de définir la condition du Luxembourgeois. Sa participation a été annoncé une semaine avant l’épreuve et son pic de forme était initialement prévu pour fin avril. Si de nombreux observateurs pensent, comme son manager, voir l’ainé de la fratrie Schleck monter en puissance au fil des étapes, il est tout de même très difficile de ne pas imaginer Frank Schleck craquer et connaitre un jour sans sur ce Giro.

Même chose pour Joaquim Rodriguez. Auteur d’une démonstration sur le mur du Huy, le leader de la Katusha nous laisse ainsi penser qu’il lui sera difficile de garder une telle forme jusqu’à Milan, sans flancher. Cette théorie est d’autant plus probable puisqu’elle expliquerait la performance de l’espagnol samedi passé dans le prologue, une performance inespérée au vu des qualités de rouleur du léger grimpeur.

Ryder Hesjedal est lui placé dans des conditions parfaites. Il était déjà le premier des leaders sur le prologue, et voit désormais rose après une semaine sans encombres, ou son équipe s’est imposée contre-la-montre. Ce samedi, il a parfaitement géré sa montée pour échouer à seulement 5″ du vainqueur du jour, et se parer alors de la tunique rose. S’il reste conscient de ses limites, le coureur canadien reste quoi qu’il en soit dans des conditions idéales pour décrocher le meilleur classement final possible à Milan.

L’une des grandes intrigues de ce Giro, Domenico Pozzovivo, a lui aussi répondu présent aujourd’hui. 6° de l’étape, il a démontré qu’il était dans le coup. La suite de la course nous révèlera si le grimpeur italien devient enfin un coureur de grand tour ou s’il affichera à nouveau ses limites sur trois semaines en connaissant tôt ou tard une terrible défaillance.

L’autre grande intrigue, lui à propos de sa condition physique, a fini de rassurer ses fans. Ivan Basso se disait prêt pour la conquête d’un troisième Scudetto, il l’avait par ailleurs démontré de par un bon prologue. Toujours bien entouré et placé dans chaque difficulté, la Varésan a confirmé sa semaine réussie en terminant 8° aujourd’hui, à 9″. Il reste alors placé en embuscade et attend son heure, dans la très haute montagne.

La chance française, John Gadret, a connu une semaine mitigée. D’une part, le français a su éviter toutes les embuches, bordures et chutes. De l’autre, même s’il ne pouvait guère espérer mieux, le coureur d’AG2R a perdu énormément de temps contre la montre. Seul dans le prologue comme entouré par son équipe, il s’agissait avant tout de limiter la casse. Le grimpeur accuse ainsi plus 2′ de retard sur ses principaux rivaux pour le podium. Aujourd’hui 11° à 11″, Gadret devra attendre les pourcentages abruptes pour espérer reprendre du temps sur ses rivaux.

Enfin, Roman Kreuziger a lui aussi terminé l’étape à 11″ de Paolo Tiralongo. Toujours très bien placé au général, cette première semaine est réussie pour le Tchèque, qui devra désormais s’accrocher en très haute montagne pour monter sur la boite à Milan. Mais on l’a vu avec la victoire de Tiralongo, ces équipiers sont en forme et pourraient bien le propulser très haut.

Demain, la route s’élèvera à nouveau. Cette fois, les coureurs devront franchir le Colle Mollela  : 6km à 8.5%, avant de rejoindre l’arrivée par 4.3km de plat. Sur une telle pente, il est certain qu’une sévère sélection sera établie et isolera les leaders en tête de la course. Une nouvelle bataille entre favoris s’impose alors …

Adrien Picard

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