Robbie McEwen, thanks for all

En terminant 16e du sprint de la dernière étape du Tour de Californie dimanche dernier, Robbie McEwen a pour la dernière fois participé à une course professionnelle. Après 17 années chez les pros et 196 victoires dont 3 maillots verts et 24 étapes de GT, l’Australien raccroche. Retour sur la carrière du premier grand champion Australien et de l’un des meilleurs sprinteurs de cette décennie.

Il doit tout à l’équipe Lotto

Ce n’est pas dans l’équipe belge que McEwen a commencé sa carrière, mais chez Rabobank, en 1996. Malgré de nombreux succès sur des courses mineurs, c’est lors de sa dernière année de contrat en 1999 que l’Australien réalise son premier coup d’éclat, en remportant la dernière étape du Tour sur les Champs-Elysées, une des plus belles victoires pour un sprinteur. Deux saisons chez Farm-Frites suivront, avant que Robbie explose sous le maillot de la Lotto. Il commence la saison en remportant pour la première fois le titre de champion d’Australie devant Nathan O’Neil, le spécialiste de l’effort solitaire. Mais ce n’est qu’un début, car il gagne par la suite deux étapes de Paris-Nice, du Giro et du Tour, avec à la clé son premier maillot vert. Par la suite, il remporte son premier Paris-Bruxelles et le Franco-Belge, ce qui fait de lui un des favoris pour le titre mondial à Zolder. Mais il ne termine que deuxième, derrière Cippollini et un train italien tout simplement imbattable. Entre 2002 et 2008, il remporte 12 étapes du Giro, 11 du Tour, une classique d’Hambourg, 5 Paris-Bruxelles, à Travers les Flandres et de nombreuses autres victoires. Malgré son départ en 2008, poussé vers la sortie par l’émergence de son compatriote Cadel Evans sur le Tour, Robbie McEwen aura toujours une place dans son coeur pour l’équipe belge. Et vice-versa…

Une histoire d’amour avec le Tour

Après ses succès en 1999 et 2002, Robbie McEwen ne s’est pas arrêté là ! Pour le centenaire du Tour, le coureur de la Lotto n’aura gagné aucune étape, dominé par Petacchi et son quadruplé lors de la première semaine de course. Mais grâce à sa régularité, il lutte pour le maillot vert jusqu’à la dernière étape, échouant à deux points de son compatriote, Baden Cooke. Mais l’année suivante, il récupère son paletot et remporte 2 étapes, donc une à Namur, très importante pour l’équipe belge. Le début du Tour 2005 se résume à une bataille Boonen/McEwen, chacun remportant deux étapes. Par la suite, Boonen doit abandonner à cause d’une blessure au genou, l’Australien en profite pour glaner un troisième succès. Malgré tout, il n’a pas pu conserver son maillot vert acquis l’année précédente, terminant derrière Hushovd et O’Grady. Sans sa disqualification lors de la 3e étape, à cause d’un accrochage avec son compatriote de la Cofidis, il aurait surement été sur le podium des Champs… Mais ce n’est que partie remise, car il prend sa revanche en 2006 avec trois étapes et le maillot vert, son dernier, après avoir dominé la première semaine du Tour. Son dernier succès sur le Tour, ce sera en Angleterre, lors de l’édition 2007, qui n’aura duré qu’une semaine pour l’Australien, arrivant hors-délai lors de la 8e étape.

Un gout d’inachevé

Malgré ses succès sur le Giro et le Tour notamment, l’ancien coureur de la Lotto n’aura jamais gagné les championnats du monde ou une grande classique. Battu à Zolder en 2002, McEwen était l’un des trois grands favoris pour la victoire finale à Madrid, en 2005, avec Boonen et Petacchi. Mais à 5 kilomètres de l’arrivée, une attaque de Bettini et de Vinokourov provoqua une énorme cassure dans le peloton et l’Australien se retrouva piégé avec Petacchi et les autres sprinteurs, laissant le belge Tom Boonen gagner le titre mondial. L’année suivante, c’est une attaque des deux coureurs espagnoles, Valverde et Sanchez, à moins de 3 kilomètres du but, qui empêche McEwen de pouvoir disputer la victoire. Sur les classiques, même constat. Il n’a jamais pu disputer la victoire finale sur Paris-Tours et encore moins sur Milan San-Remo où il n’a jamais fait mieux qu’une 4e place. Malgré ses victoires sur des semi-classiques belges, McEwen n’aura jamais été autre chose qu’un sprinteur de grands tours, incapable de passer une bosse.

Véritable fer de lance du cyclisme australien tout au long de la dernière décennie, Robbie McEwen aura laissé une trace indélébile chez les Aussies. Premier coureur des Antipodes à décrocher une médaille mondiale sur la course en ligne à Zolder en 2002, McEwen aura décomplexé toute une génération de coureurs qui constitue désormais l’élite du cyclisme mondial, de Matthew Goss à Cadel Evans. Et avec son nouveau poste de conseillé des sprinteurs au sein de l’équipe australienne Green Edge, le natif de Brisbane n’aura pas fini d’apporter tout son savoir au service de son pays.

Mehdi Khouch

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