Rodriguez conforte son maillot rose

Après deux étapes décevantes le weekend dernier, les favoris du Tour d’Italie ne pouvait aujourd’hui plus se cacher. Dans une nouvelle étape de montagne, l’enchainement de cols proposé ne pouvait qu’effectuer une sélection. Cette étape n’a pas déçu. Rujano et Kreuziger ont perdu toutes chances de bien figurer au général et une nouvelle hiérarchie s’est formée sur les pentes du Giau. Purito Rodriguez conforte son maillot rose en remportant l’étape, les Italiens Basso et Scarponi se placent de nouveau en embuscade.

5 coureurs prennent les devants

Les coureurs s’élancent aux alentours de 12h, sans Theo Bos et Daryl Impey. D’autres coureurs vont d’ailleurs abandonner après quelques kilomètres seulement, Peter Kennaugh, Geatan Bille et même Thomas Vaitkus plus tard. Le début d’étape est rapide, beaucoup de coureurs tentent leur chance mais une échappée tarde à se former. C’est après environ une heure de course et à près de 150 kilomètres de l’arrivée que Seldrayers (Astana), Samoilau (Movistar), Rabottini (Farnese), Serpa (Androni) et Montaguti (AG2R) se retrouvent en tête. Ce sera la bonne, les 5 hommes prennent rapidement 2′ sur le peloton.
Certains coureurs contrent en espérant rejoindre la tête de la course mais sont repris par le peloton. Des 5 coureurs en tête, Seeldrayers est le mieux classé au général, à moins de 15′ de Rodriguez. Le groupe sera alors toujours contrôlé par le peloton, et leur avance maximale sera de 6′, ils passent le Passo Valparola – classé en seconde catégorie, en tête.

L’échappée poursuivie par Euskaltel

C’est justement à quelques kilomètres du sommet de la première difficulté recensée de la journée que les coureurs d’Euskaltel Euskadi accélèrent. Les Basques ont manqué l’échappée du jour et viennent secouer le peloton qui perd alors bon nombre d’éléments. Le peloton bascule au sommet avec un retard de 4’15 » sur le groupe de tête, reprenant alors près de 2′ en quelques kilomètres. Devant, Rabbotini est passé en première position pour accroitre son avance au classement de la montagne qu’il domine.
Dans la descente, Bruseghin et Carrara partent en contre, mais seront rapidement revus par le peloton toujours emmené par les Euskaltel, décidés à réduire l’écart. Si l’écart était légèrement reparti à la hausse dans la descente, il fond dans la vallée sous l’impulsion des basques. En moins de 10 kilomètres, ils reprennent 1’30 » aux hommes de tête. Les échappés entament alors le Passo Duran et le peloton pointe lui à 3′ au pied de la difficulté.
Dès les premières rampes, les co équipiers d’Ivan Basso prennent le relais des Euskaltel. La liquigas emmène à un rythme soutenu et l’écart chute toujours. Beaucoup de coureurs sont alors décramponnés. Devant, Montaguti est lâché par ses compagnons d’échappée. Il sera revu par le peloton avant même le sommet.

Rujano craque, Nieve sort en contre

C’est alors que José Rujano lâche prise au sein du peloton. Le grimpeur vénézuélien n’y est décidément pas cette année, et voit certainement ici toutes ses ambitions de général s’envoler. Le peloton explose, et c’est à ce moment que Nieve attaque, emmené sur son accélération par Txurrruka. C’était prévisible, les Euskaltel n’étant pas représentés à l’avant. Le grimpeur ne rentre cependant pas sur les échappés avant le sommet. Il y passe avec 31″ de retard, le peloton pointe à 1’18 ». Rabottini est une nouvelle fois passé en tête, mais semble en difficulté, épuisé.
Dans la descente, Seeldrayers part tout seul en tête. Ses compagnons d’échappée sont eux revus par Nieve, puis ces 4 là reprendront Seeldrayers dans les premières pentes du Forcella Staulanza. La course se résume alors à un duel Nieve/Liquigas, le Basque emmenant seul le groupe de tête. Il est d’ailleurs attaque par Seeldrayers. Le coureur belge sort seul, ses anciens compagnons d’échappés sont repris, c’est un coup dans l’eau pour Nieve. Seeldrayers sera lui aussi rapidement revu par le peloton toujours emmené par les Liquigas.

Kreuziger craque complètement

Nous sommes alors à 42 kilomètres de l’arrivée, il n’y a plus aucun échappé et le peloton est dans l’ascension du Forcella Staulanza. Le coureur tchèque Roman Kreuziger traine alors en queue de peloton. Mais le leader d’Astana n’est pas victime d’incident mécanique : le 5e l’an passé est victime d’une terrible défaillance. Son équipier Kangert se relève pour l’aider, mais son leader est incapable de revenir sur le peloton. Les ambitions de podium pour Kreuziger s’arrêtent peut être ici.
Au sommet du Forcella Staulanza, c’est Failli qui passe en tête pour protéger le maillot bleu de son co équipier Rabottini. La Liquigas emmène alors pour la descente, et étire le peloton. Kreuziger ne rentrera plus.

Le Giau fait des dégâts

C’est Capecchi qui mène dans les premières pentes du Giau. Smzyd n’est plus là, Basso n’a alors plus qu’un équipier. Très vite, le groupe explose complètement. Gadret est en grande difficulté, lâché avec d’autres coureurs comme Cunego, Heano, Cataldo. Capecchi s’écarte : Basso accélère. Il ne sont alors plus que 5 à suivre le rythme du Varésan : Hesjedal, Scarponi, Pozzovio, Rodriguez et Uran. Ces hommes sont à 25 kilomètres de l’arrivée, emmenés par le vainqueur de l’édition 2010. Un kilomèter plus loin, Hesjedal attaque ! Ivan Basso ramène le groupe au train mais le coureur canadien fait forte impression.
Derrière, tous sont dans le dur. Cunego lâche beaucoup de temps, un groupe se forme autour de lui avec Tschopp, Bruseghin, Gadret, Henao, Cataldo. Brambilla et Nieve sont eux intercalés entre ces hommes et les 6 hommes en tête. Le coureur basque est un moment très proche de rentrer sur le groupe, mais Hesjedal puis Scarponi s’emploient suffisamment pour repousser le leader d’Euskaltel.
A 20 kilomètres du but, ils sont toujours 6 devant. Nieve pointe à 25″ et Gadret à 50″. Un groupe de retardés autour de Cunego est relégué à près d’1’20 ». Scarponi relaie Basso et Hesjedal dans ce groupe, Rodriguez controle tous ses adversaires et personne ne l’attaque. Près du sommet, Pozzovivo accélère et impose un rythme très soutenu. Sur cette accélération, Scarponi puis Uran cèdent ! Le tenant du titre ne panique pas mais perd du terrain, il passe au sommet avec quelques secondes de retard sur ses rivaux, quand Nieve et Gadret passent eux avec 1′ sur le groupe.

Scarponi revient dans la descente, le sprint est inévitable

Hesjedal attaque dans la descente, suivi par Rodriguez. Les deux hommes prennent une centaine de mètres sur Basso et Pozzovivo mais les deux Italiens reviendront vite. Derrière eux, Scarponi est rentré sur Uran mais est visiblement victime de crampes, Uran rentre quelques kilomètres plus tard sur le groupe qui s’est reformé. On apprend alors que Kreuziger est passé au sommet du Giau, avec près de 10′ de retard.
A 2,5 kilomètres, Scarponi parvient à rentrer sur le groupe qui va alors se jouer la victoire au sprint. Derrière, un groupe de retardé s’est formé. Il comprend Nieve, Gadret, Intxausti, Cunego, Tschopp et De Gendt entres autres. Les favoris se regardent, Basso en profite pour accélérer. Hesjedal fait l’effort et rentre sur lui. Rodriguez se place en dernière position du groupe mené par Basso. Aux 300m, Scarponi lance le sprint. Purito remonte un à un ses 5 adversaires, et vient passer Basso dans les derniers mètres pour remporter une nouvelle victoire sur ce Giro. Le Varésan termine second,Hesjedal est troisième.

Classement de l’étape 16

1. Joaquim Rodriguez Oliver
2. Ivan Basso mt
3. Ryder Hesjedal mt
4.   Rigoberto Uran mt
5.  Michele Scarponi mt
6. Domenico Pozzovivo mt
7. Benat Intxausti +1’22 »
8. Daniel Moreno mt
9.  Thomas de Gendt mt
10.  Johann Tschopp mt
11. John Gadret mt
12. Mikel Nieve mt
13. Damiano Cunego mt
14. Sergio Pardilla mt
15. Gianluca Brambilla +1’44 »
17. Paolo Tiralongo +2’47 »
18. Sergio Henao mt
19. Dario Cataldo mt
21. Hubert Dupont  +4’21 »
27. Sandy Casar +10’12 »
30. Roman Kreuziger +11’26 »
108. José Rujano +34’05 »

Classement général (après 16 étapes)

1. Joaquim Rodriguez Oliver
2. Ryder Hesjedal +30″
3. Ivan Basso +1’22″
4.  Michele Scarponi +1’36 »
5.  Rigoberto Uran +3’16 »
6. Benat Intxausti +3’04 »
7. Domenico Pozzovivo +3’19 »
8. Paolo Tiralongo +4’13 »
9.  Thomas de Gendt +4’38 »
10. Sergio Henao+4’42 »

Adrien Picard

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